PRA-UEMOA-Guinée : Boubacar Yacine Diallo, la consécration régionale d’un parcours au service de la presse guinéenne
C’est une nouvelle consécration pour Boubacar Yacine Diallo et, au-delà de sa personne, une reconnaissance de l’expertise guinéenne en matière de régulation des médias. Élu,...

C’est une nouvelle consécration pour Boubacar Yacine Diallo et, au-delà de sa personne, une reconnaissance de l’expertise guinéenne en matière de régulation des médias. Élu, les 31 août et 1er septembre 2026 à Conakry, président de la Plateforme des Régulateurs de l’Audiovisuel des pays membres de l’UEMOA, élargie à la Guinée (PRA-UEMOA-Guinée), le président de la Haute Autorité de la Communication entame un mandat de deux ans à la tête de cette instance régionale. Une élection que les superviseurs de la HAC dans la zone spéciale de Conakry considèrent comme l’aboutissement naturel d’un parcours consacré aux médias, au journalisme et à la régulation.
Ce mardi 8 septembre 2026, dans les locaux de la Haute Autorité de la Communication à Conakry, l’ambiance avait des allures de retrouvailles entre professionnels du même secteur. Mais la rencontre portait une dimension particulière.
Treize journalistes superviseurs de la HAC, mobilisés dans les treize communes de la capitale à l’occasion des élections législatives et communales du 31 mai 2026, sont venus présenter leurs félicitations à Boubacar Yacine Diallo, désormais président en exercice de la PRA-UEMOA-Guinée.
À travers cette démarche, ces professionnels de terrain ont voulu saluer une élection qui, selon eux, ne doit rien au hasard. Elle vient plutôt récompenser plusieurs années d’engagement au service de la communication, de la presse et de la régulation audiovisuelle.
Une élection qui « ne constitue pas une surprise »
Portée par la voix de leur porte-parole, Samory Keita, la délégation des treize superviseurs a d’abord tenu à rappeler le parcours du président de la HAC et la cohérence de son accession à cette nouvelle responsabilité.

Dans son adresse, Samory Keita a notamment insisté sur le chemin parcouru par Boubacar Yacine Diallo, estimant que son élection à la tête de la plateforme régionale s’inscrit dans la continuité d’une carrière construite au contact des médias et de leurs réalités.
« Au nom des treize (13) superviseurs de la HAC de Conakry, nous vous adressons nos sincères et chaleureuses félicitations à l’occasion de votre accession à la présidence de la Plateforme des Régulateurs de l’Audiovisuel des pays membres de l’UEMOA, élargie à la Guinée (PRA-UEMOA-Guinée). Votre accession à cette responsabilité ne constitue pas pour nous une surprise. Elle s’inscrit dans la continuité d’un parcours professionnel particulièrement riche, construit au fil des années au service de la communication, des médias et de la régulation. »
Pour les superviseurs, cette nouvelle responsabilité régionale vient ainsi prolonger naturellement le travail entrepris par Boubacar Yacine Diallo à la tête de la HAC. Mais cette reconnaissance prend une dimension supplémentaire lorsqu’elle est replacée dans le contexte des dernières années, marquées par plusieurs échéances politiques et électorales majeures en Guinée.
Du référendum aux élections législatives et communales : la HAC au cœur des rendez-vous électoraux
Depuis son arrivée à la tête de la Haute Autorité de la Communication, Boubacar Yacine Diallo a été confronté à l’un des exercices les plus sensibles de la régulation des médias : accompagner les grands rendez-vous électoraux tout en veillant au respect des règles qui encadrent la couverture médiatique.
Référendum constitutionnel, élection présidentielle, élections communales et législatives : autant de scrutins au cours desquels la HAC a dû composer avec la multiplication des acteurs, la diversité des lignes éditoriales et la forte sensibilité du débat politique.
Dans ce dispositif, les superviseurs déployés sur le terrain ont constitué un maillon essentiel de la chaîne de régulation.
C’est précisément ce rôle et cette évolution institutionnelle que Samory Keita a voulu mettre en lumière en rappelant que la Guinée avait vécu, à la fin du mois d’août, un moment particulier avec l’organisation à Conakry de la 12ᵉ Assemblée générale de la PRA-UEMOA-Guinée.

L’élection de Boubacar Yacine Diallo est intervenue après deux années passées à la vice-présidence de cette plateforme.
Pour les superviseurs, cette progression témoigne d’une confiance progressivement acquise au sein de l’espace régional.
« Pour nous, superviseurs des 13 communes de Conakry, ce parcours témoigne de votre constance, votre engagement en faveur des médias, de leur professionnalisation et de la consolidation des mécanismes de régulation. Vous voir aujourd’hui à la tête de cette plateforme régionale est donc pour nous la reconnaissance d’un parcours et d’une expertise », a souligné Samory Keita.
Une distinction qui dépasse le cadre de la HAC
Au-delà de la satisfaction personnelle qu’elle peut représenter pour le président de la HAC, cette élection est également perçue par les superviseurs comme une opportunité pour la Guinée de renforcer sa présence dans les instances régionales de régulation.
Dans leur message, ils ont ainsi donné à cette accession une portée nationale, estimant qu’elle contribue à renforcer la visibilité de l’expertise guinéenne dans le domaine de la régulation audiovisuelle.

Samory Keita l’a exprimé sans détour, en soulignant que la nouvelle responsabilité confiée au président de la HAC constitue, à leurs yeux, « une fierté nationale ».
« Elle offre à la Guinée une visibilité supplémentaire au sein de l’espace régional et témoigne de la confiance accordée à son organe national de régulation. Nous souhaitons que cette distinction ouvre la voie à davantage de rayonnement de notre institution sur le plan régional et international, et qu’elle constitue un précédent appelé à se perpétuer. »
Face à ses superviseurs, Boubacar Yacine Diallo n’a pas caché sa satisfaction. Le président de la HAC a d’abord salué une démarche qu’il considère comme un signe fort de reconnaissance du travail accompli au sein de l’institution.
Avec une certaine émotion, il a également relevé que cette délégation de treize superviseurs était la première organisation structurée à venir lui présenter officiellement ses félicitations après son élection à la tête de la plateforme régionale.

Le président de la HAC y voit surtout le résultat d’un effort collectif, loin de toute réussite individuelle.
« Je voudrais me réjouir de cette rencontre. Je suis particulièrement heureux de recevoir vos félicitations à l’occasion de l’élection de la Haute Autorité de la Communication à la fonction de président en exercice de la PRA-UEMOA-Guinée. Ce résultat, on pourrait le dire comme ça, est la consécration du travail que mes collègues commissaires et moi-même avons fait pendant plusieurs années ici à la Haute Autorité de la Communication. Vous êtes les premiers, comme groupe organisé, à nous transmettre vos félicitations. Nous en sommes ravis. Au nom de mes collègues, je voudrais vous transmettre toute notre satisfaction. »
Une réponse qui traduit une volonté de partager cette reconnaissance avec l’ensemble des commissaires de la HAC et, plus largement, avec les équipes qui ont accompagné l’institution dans ses différentes missions.
La rencontre aura également été l’occasion pour Boubacar Yacine Diallo de retourner les félicitations à ceux qui, quelques mois plus tôt, étaient en première ligne lors des élections législatives et communales.
Le président de la HAC a tenu à rendre hommage au travail réalisé par les treize superviseurs dans un contexte où la surveillance du traitement médiatique des élections exigeait à la fois rigueur, impartialité et capacité de dialogue.
S’adressant directement à eux, il a souligné la difficulté de leur mission : superviser des médias privés aux lignes éditoriales différentes, tout en préservant leur liberté et en veillant au respect des exigences de la régulation.
« Les commissaires me chargent de vous renouveler notre confiance. Pendant les élections passées, vous avez fait montre d’un professionnalisme exemplaire et d’une honnêteté irréprochable. Vous nous avez prouvé qu’il y a encore des journalistes dans ce pays qui peuvent assumer, au-delà de leur profession, des fonctions aussi contraignantes, aussi délicates, que superviser une élection au niveau des médias privés qui ont des lignes éditoriales diverses en fonction des objectifs de leur création », a-t-il déclaré.
Dans la même logique, Boubacar Yacine Diallo a salué leur capacité à maintenir un équilibre entre les exigences des professionnels des médias et celles des acteurs politiques engagés dans les différentes compétitions électorales.

« Vous avez su ménager à la fois les professionnels des médias qui sont jaloux de leur liberté et les hommes politiques qui se lancent à la conquête du pouvoir pour les élections législatives, pour être député, et pour les élections communales, pour être soit maire, soit conseiller communal. Je vous redis toute notre satisfaction, je vous redis toute notre confiance », a-t-il ajouté.
L’élection de Boubacar Yacine Diallo à la tête de la PRA-UEMOA-Guinée intervient ainsi à un moment où les enjeux liés à la régulation audiovisuelle prennent une importance croissante dans l’espace ouest-africain.
Pour l’homme qui a consacré une grande partie de sa carrière au journalisme et à la défense des intérêts de la profession, cette nouvelle fonction ouvre désormais un autre chapitre : celui d’une responsabilité régionale qui place la Guinée au cœur des réflexions sur l’avenir de la régulation des médias.
Mais au-delà des titres et des fonctions, son parcours reste étroitement associé à l’histoire récente de la presse guinéenne. De journaliste à responsable du secteur des médias, puis président de la Haute Autorité de la Communication, Boubacar Yacine Diallo a traversé plusieurs générations et plusieurs transformations du paysage médiatique national.
Son action à la tête de la HAC s’est notamment inscrite dans les moments les plus sensibles de la vie publique guinéenne, avec la nécessité permanente de trouver le point d’équilibre entre liberté de la presse, responsabilité éditoriale, pluralisme de l’information et respect du cadre légal.
Son accession à la présidence de la PRA-UEMOA-Guinée apparaît dès lors comme bien plus qu’un changement de fonction.
Elle constitue une reconnaissance régionale d’une trajectoire nationale et place désormais Boubacar Yacine Diallo devant un nouveau défi : faire entendre, au sein de l’espace communautaire, la voix d’une régulation guinéenne appelée à poursuivre sa mue et à renforcer son influence.
Abdoulaye Bouka Barry








