Éducation : Bintou Keita donne le ton d’une rentrée placée sous le signe du travail et de l’excellence
Les établissements scolaires guinéens ont rouvert leurs portes ce lundi 5 octobre 2026, donnant le coup d’envoi officiel de l’année scolaire 2026-2027 sur l’ensemble du...

Les établissements scolaires guinéens ont rouvert leurs portes ce lundi 5 octobre 2026, donnant le coup d’envoi officiel de l’année scolaire 2026-2027 sur l’ensemble du territoire national. Pour cette nouvelle séquence académique, les autorités entendent faire de la discipline, du civisme, du travail et de l’excellence les principaux marqueurs d’une école appelée à jouer pleinement son rôle dans la transformation du pays.
À l’occasion de cette rentrée, la ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de la Formation professionnelle, Bintou Keita, s’est adressée à l’ensemble de la communauté éducative dans une allocution télévisée. Élèves, apprenants, enseignants, parents d’élèves et encadreurs étaient au cœur de son message, articulé autour d’une conviction : l’école ne saurait être réduite à la seule transmission des savoirs, mais doit également contribuer à former des citoyens responsables et préparer la jeunesse aux exigences du développement national.
Face aux élèves et aux apprenants, la ministre a ainsi appelé à une mobilisation collective autour des valeurs susceptibles de favoriser la réussite scolaire et la construction d’un avenir meilleur.
« Je vous invite à faire de cette nouvelle année scolaire une année de travail, de discipline, de civisme, de respect, de persévérance et d’excellence », a martelé la ministre à l’attention des élèves et des apprenants.
Au-delà des performances académiques, Bintou Keita a insisté sur la dimension citoyenne de l’éducation. Pour la ministre, chaque étape du parcours scolaire participe à la formation des futurs acteurs du développement de la Guinée. L’acquisition des connaissances et des compétences doit ainsi s’accompagner d’un engagement personnel fondé sur l’effort, la persévérance et le sens des responsabilités.
« Chaque leçon apprise, chaque compétence acquise et chaque effort consenti constitue une pierre supplémentaire dans la construction de votre avenir personnel et de celui de la Guinée. »
Enseignement technique : rendez-vous fixé au 2 novembre
Cette rentrée du 5 octobre concerne principalement les établissements de l’enseignement général. Pour les apprenants relevant de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, le calendrier prévoit une reprise différée au 2 novembre 2026.
Ce décalage intervient dans un contexte où la formation professionnelle occupe une place croissante dans les priorités affichées par les autorités. L’enjeu consiste notamment à renforcer les compétences des jeunes, à améliorer leur employabilité et à rapprocher davantage les formations proposées des besoins réels du marché du travail.
À travers ce secteur, le gouvernement entend ainsi contribuer à une meilleure préparation des jeunes à leur insertion professionnelle, dans un environnement économique où l’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises demeure un enjeu majeur.
Un front syndical sous le signe de l’apaisement.
Autre fait marquant de cette rentrée : l’absence, à ce stade, de menace de grève susceptible de perturber le démarrage des cours. Alors que le calendrier scolaire guinéen a régulièrement été confronté aux mouvements sociaux dans le secteur éducatif, l’Intersyndicale de l’Éducation, qui regroupe notamment la FSPE, le SLECG et le SNE, a choisi de privilégier l’apaisement pour cette reprise.
Dans ses communications, la plateforme syndicale a appelé les enseignants à rejoindre leurs établissements afin de permettre un démarrage effectif des activités pédagogiques. Une position qui tranche avec les tensions ayant parfois marqué les précédentes rentrées scolaires et qui pourrait contribuer à instaurer un climat plus serein au sein du système éducatif.
« L’Intersyndicale rappelle qu’elle n’est porteuse d’aucune revendication ni d’aucun préavis de grève », a déclaré le syndicaliste Michel Pépé Balamou.
Cette clarification constitue un signal rassurant pour les parents d’élèves comme pour les responsables du système éducatif, soucieux de préserver la continuité pédagogique et d’éviter que des mouvements sociaux ne viennent compromettre les apprentissages.
L’accalmie observée sur le front syndical ne signifie toutefois pas la fin du dialogue entre les organisations représentatives des enseignants et les autorités. Michel Pépé Balamou a annoncé la reprise des négociations avec le gouvernement dès ce lundi, après la trêve observée durant les festivités commémorant le 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée.
Une rentrée sous le signe de la continuité
Entre les appels du gouvernement à davantage de discipline, de civisme et d’excellence et la volonté affichée des organisations syndicales de préserver l’apaisement, l’année scolaire 2026-2027 s’ouvre dans un contexte relativement favorable.
Pour les autorités éducatives, le défi sera désormais de transformer ces orientations en résultats concrets : garantir la régularité des enseignements, améliorer la qualité de l’encadrement, renforcer les compétences des apprenants et offrir aux élèves un environnement propice à la réussite.
Après les discours et les engagements de rentrée, l’enjeu est donc désormais de faire de l’année scolaire 2026-2027 une année de travail effectif, de stabilité et de progrès pour l’école guinéenne.
Bouka Barry








