Kobaya Kinifi: plus de 200 occupants vivent sous la menace d’un effondrement, les autorités appelées à agir d’urgence
À Kobaya, dans le secteur Kinifi, un danger imminent menace des centaines de personnes. Plus de 200 ressortissants sierra-léonais vivent aujourd’hui dans un bâtiment en...

À Kobaya, dans le secteur Kinifi, un danger imminent menace des centaines de personnes. Plus de 200 ressortissants sierra-léonais vivent aujourd’hui dans un bâtiment en état de délabrement très avancé, dont l’effondrement pourrait survenir à tout moment, selon les riverains. À l’intérieur de cet édifice vétuste fonctionnent également une boîte de nuit et plusieurs maquis, accentuant les inquiétudes des habitants du voisinage.

Face à ce qu’ils qualifient de véritable bombe à retardement, les riverains affirment avoir, à plusieurs reprises, alerté le chef de quartier afin qu’une solution soit trouvée avant qu’un drame ne se produise. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, aucune mesure concrète n’aurait été prise jusqu’à présent. Certains habitants vont jusqu’à évoquer une supposée proximité entre le chef de quartier et le propriétaire de l’immeuble, une accusation qui n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
Rencontrée dans la matinée de ce samedi 1er août 2026, une riveraine, visiblement éprouvée par cette situation, a décrit le quotidien devenu insupportable des familles vivant aux alentours de cet immeuble.
« Ce bâtiment que vous voyez est dans cet état depuis maintenant 30 ans. Malgré son état, plus de 200 personnes y vivent. Il y a des maquis à l’intérieur. La prostitution s’y déroule jour et nuit, au vu et au su du chef de quartier. La nuit, nous ne dormons pas. Le bruit de la musique, les odeurs d’alcool ainsi que les cris des femmes nous empêchent de trouver le sommeil. Ils boivent toute la journée et toute la nuit. En état d’ivresse, ils jettent des bouteilles sur les toitures de nos maisons. Pire encore, en pleine journée, des hommes comme des femmes se lavent entièrement nus. Nous avons des filles. Lorsqu’elles voient ces hommes nus en train de se laver, elles les regardent. C’est cela qui nous inquiète profondément. »

La riveraine poursuit son récit en évoquant des scènes de violences qui, selon elle, deviennent de plus en plus fréquentes.
« Il y a cinq jours, deux hommes complètement ivres ont violemment battu une jeune fille ici. Nous avons tous failli être impliqués. Lorsqu’ils sont ivres, ils sortent insulter tout le voisinage. Même en pleine journée, des hommes et des femmes ont des rapports sexuels au vu et au su de tout le monde. »
Interrogée sur les démarches entreprises auprès des autorités, elle affirme que les habitants ont multiplié les alertes, sans succès.
« Nous avons rencontré plusieurs fois le chef de quartier. Malheureusement, il n’a rien fait. Certains voisins disent même qu’il serait en collaboration avec le propriétaire du bâtiment. C’est ce qui explique, selon eux, que nos démarches n’aient jamais abouti. Nous sommes même allés porter plainte à la gendarmerie de Kobaya, mais là aussi rien n’a été fait. D’après ce que nous entendons, le propriétaire, qui est un homme très influent, leur donnerait de l’argent. Bref, nous avons épuisé toutes nos démarches sans obtenir le moindre résultat positif. »
Les larmes aux yeux, cette mère de famille lance un appel pressant aux autorités, en particulier au ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire.

« Au ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, nous demandons de nous aider. Qu’il fasse évacuer ces Sierra-Léonais de cette maison. Nos filles sont exposées parce qu’elles voient des hommes et des femmes faire l’amour à ciel ouvert. Nos garçons aussi sont exposés, car l’alcool est consommé ici jour et nuit. Plus grave encore, nous vivons juste à côté de cet immeuble. S’il s’effondre, nous serons les premières victimes. Qu’il nous aide. Avec les pluies actuelles, nous nous couchons sans pouvoir fermer l’œil. Nous vivons dans la peur permanente que cet immeuble s’écroule sur nos maisons pendant notre sommeil. Que le ministre Sy Savané nous vienne en aide. Nous risquons de perdre nos vies à cause de ce bâtiment. »

Cet appel intervient quelques jours seulement après l’effondrement d’un immeuble au quartier Demoudoula, un drame qui a coûté la vie à au moins deux personnes. Ce précédent tragique rappelle avec force que les alertes ignorées peuvent se transformer en catastrophes irréversibles.

À Kobaya, la question est désormais simple : faudra-t-il attendre que des dizaines, voire des centaines de personnes soient ensevelies sous les décombres avant d’agir ? Il appartient désormais aux autorités compétentes de diligenter, dans les plus brefs délais, une expertise technique indépendante de cet immeuble, de prendre toutes les mesures conservatoires nécessaires et de procéder à l’évacuation immédiate des occupants afin de préserver des vies humaines. Lorsqu’une alerte aussi grave est portée à la connaissance des pouvoirs publics, le principe de précaution impose une réaction rapide. Car en matière de sécurité des populations, intervenir avant la catastrophe est toujours moins coûteux que d’en compter les victimes.

Depuis maintenant deux jours, notre rédaction tente d’obtenir la version des faits du chef de quartier ainsi que celle des responsables de la gendarmerie de Kobaya, mis en cause par les témoignages recueillis sur place. Malgré nos multiples démarches, nos sollicitations sont restées sans suite jusqu’au moment de la publication de cet article.

Affaire à suivre…
Abdoulaye Bouka Barry








