Guinée : le Registre national de l’état civil officiellement lancé, un tournant majeur pour l’identification des citoyens
Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) a officiellement lancé, le mercredi 28 octobre 2026, le projet de mise en œuvre...

Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) a officiellement lancé, le mercredi 28 octobre 2026, le projet de mise en œuvre du Registre national de l’état civil (RENEC). Cette initiative vise à moderniser le système d’état civil guinéen, à renforcer la sécurisation des données et à garantir la fiabilité des actes, tout en facilitant l’identification des citoyens. Elle ambitionne également d’améliorer la planification des politiques publiques et de renforcer la coordination entre les différents services de l’État.

Présidant la cérémonie au nom de la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, le secrétaire général du département, Aboubacar Sikhé Camara, a souligné la portée stratégique de ce projet, qu’il considère comme une avancée significative vers un système d’état civil plus performant, accessible et fiable, au service des citoyens comme de l’administration publique.

« Nous venons de lancer, au nom de Mme la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, les travaux du projet de mise en place du RENEC, le Registre national de l’état civil, un projet qui tient à cœur au président de la République, Mamadi Doumbouya. Nous sommes accompagnés dans la mise en œuvre de ce projet par le cabinet DIGITEC, qui va nous aider à mettre en place un registre national de l’état civil fiable et transparent, qui ne souffrira d’aucune possibilité de fraude », a-t-il déclaré.
Un outil stratégique pour la planification du développement national
Au-delà de la modernisation des procédures administratives, le Registre national de l’état civil ambitionne de constituer une base de données de référence pour une meilleure connaissance de la population et une planification plus efficace du développement national.
À ce titre, Aboubacar Sikhé Camara a insisté sur l’importance de centraliser les informations relatives aux principaux événements de la vie civile, notamment les naissances, les mariages et les décès. Il a également mis en avant la nécessité de favoriser l’interopérabilité entre les différents départements ministériels concernés.

« Ce registre va nous permettre de planifier le développement national que nous souhaitons, notamment en identifiant les besoins à l’échelle décentralisée afin de mieux répondre à la demande de services et d’infrastructures.Vous savez, l’état civil est un tout. Il doit nous permettre de disposer d’un registre de qualité, garantissant l’interopérabilité entre les différents services, notamment ceux des ministères de la Justice, des Affaires étrangères et des Affaires sociales.Toutes les données seront regroupées dans un même registre afin de permettre l’enregistrement, dès la naissance, des faits d’état civil, mais aussi des décès, des mariages et de l’ensemble des événements concernés. Cette centralisation permettra à notre pays de suivre, en toute transparence, son processus de développement et de créer des conditions favorables à l’intervention des partenaires.Je pense donc qu’il s’agit d’un moment très important pour nous. Nous lançons ce projet avec beaucoup d’ambition, car la Guinée doit se hisser au niveau des autres États et se conformer aux standards internationaux en matière d’état civil, afin de disposer d’un système fiable, transparent et à l’abri de toute fraude documentaire. C’est ce qui nous a motivés à lancer ce projet aujourd’hui », a-t-il expliqué.
Des services administratifs plus accessibles et des procédures simplifiées
Pour les citoyens, les collectivités et les différentes administrations, la mise en œuvre du RENEC devrait se traduire par une amélioration de l’accès aux services d’état civil, une simplification des démarches et une sécurisation accrue des actes délivrés.
Prenant la parole à son tour, le directeur national adjoint de l’Office national de l’état civil et de l’identification Alpha Kabinet Condé a mis en lumière les retombées attendues du projet pour les usagers et les institutions publiques. Il a notamment évoqué le déploiement d’un réseau de centres d’état civil, la dématérialisation des procédures et le renforcement des échanges de données entre les services concernés.

« Pour les citoyens, il permettra de rapprocher les services d’état civil des usagers grâce à la simplification des démarches et à un accès facilité aux services de proximité.Pour les services d’état civil, il favorisera la dématérialisation des procédures ainsi qu’une gestion plus rapide et plus sécurisée des actes, avec la création de 400 centres principaux d’état civil, de 5 000 centres secondaires d’état civil et de 12 000 centres de déclaration d’état civil.Pour les secteurs de la justice et de la santé, il facilitera la transmission des informations et améliorera la coordination des procédures. Au niveau des Affaires étrangères et des Affaires religieuses, il permettra une meilleure intégration des événements relevant de leurs domaines d’intervention.Pour les administrations et les partenaires, il garantira des échanges sécurisés ainsi que des informations fiables et vérifiables. Enfin, pour les collectivités, il permettra de disposer de statistiques consolidées afin de mieux orienter et planifier les politiques publiques », a-t-il indiqué.
DIGITEC chargée de la mise en œuvre du projet
La réalisation des travaux liés au Registre national de l’état civil sera assurée par l’entreprise DIGITEC, chargée d’accompagner la mise en œuvre du dispositif.

À travers ce projet, les autorités guinéennes entendent franchir une nouvelle étape dans la modernisation de l’état civil, avec pour ambition de renforcer la fiabilité des données, de limiter les risques de fraude documentaire et d’améliorer la qualité des services rendus aux citoyens.

Au-delà de ses enjeux administratifs et techniques, le RENEC apparaît ainsi comme un instrument structurant pour une meilleure gouvernance publique, une identification plus fiable des personnes et une planification du développement national fondée sur des données consolidées.
Bouka Barry








