Diplomatie : Conakry et Freetown réajustent leur gestion migratoire
Le vice-président de la Sierra Leone, Dr Mohamed Juldeh Diallo, a effectué, ce mercredi 9 septembre 2026, une visite de travail particulièrement dense à Conakry....

Le vice-président de la Sierra Leone, Dr Mohamed Juldeh Diallo, a effectué, ce mercredi 9 septembre 2026, une visite de travail particulièrement dense à Conakry. Reçu par le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah, le numéro deux de l’exécutif sierra-léonais était accompagné d’une importante délégation comprenant notamment quatre membres du gouvernement de Freetown : le ministre adjoint des Affaires étrangères ainsi que les ministres chargés de la Sécurité, de la Citoyenneté et du Travail.
Au cœur de cette rencontre de haut niveau : le renforcement de la coopération entre les deux pays, notamment sur les questions sécuritaires et économiques, mais surtout la gestion des ressortissants guinéens et sierra-léonais vivant de part et d’autre de la frontière.
Cette question migratoire revêt une sensibilité particulière dans un contexte marqué par plusieurs épisodes de tension, dont le décès, le mois dernier à Conakry, de plus de dix-sept ressortissants sierra-léonais dans un drame qui avait suscité une vive émotion à Freetown. À cela s’ajoutent les précédentes opérations d’expulsion de ressortissants sierra-léonais, qui avaient également alimenté les préoccupations des autorités et des communautés concernées.
Un consensus autour de nouvelles mesures migratoires
À l’issue des échanges avec les autorités guinéennes, le vice-président sierra-léonais a confirmé l’existence d’un accord entre les deux gouvernements sur plusieurs mesures destinées à améliorer la gestion des flux migratoires et la situation des ressortissants des deux pays.
Sans dévoiler immédiatement le contenu détaillé de ces décisions, Mohamed Juldeh Diallo a assuré que leur annonce interviendrait dans les prochains jours.
«On a discuté de la question migratoire. Ensemble, les deux gouvernements ont pris des mesures qui vont être annoncées très prochainement », a déclaré le vice-président qui précise que ces décisions devraient être bénéfiques aux populations vivant et circulant de part et d’autre de la frontière.
Il a ainsi insisté sur la nécessité de privilégier une approche commune, fondée sur les intérêts des deux peuples.
Des mesures à court et à long terme
Pour le gouvernement sierra-léonais, les discussions de Conakry ne devraient pas se limiter à des réponses immédiates. Les deux parties auraient convenu d’une démarche articulée autour de mesures urgentes, mais également d’un dispositif destiné à apporter des réponses durables aux difficultés liées à la mobilité des populations entre les deux pays.
Le vice-président a détaillé cette orientation en expliquant que les discussions avaient permis d’identifier deux catégories de réponses.
Mohamed Juldeh Diallo a également rappelé que la gestion de la migration devait s’inscrire dans le respect des obligations internationales auxquelles les deux États ont souscrit.
« Nous savons que nous sommes dans l’obligation de respecter tous nos engagements internationaux y compris sur la question migratoire. Je voudrais donc vous assurer que dans les jours à venir les fruits de nos discutions », a-t-il ajouté.
Une déclaration qui laisse entendre que les prochaines mesures devraient permettre de clarifier davantage le statut et les conditions de séjour des ressortissants sierra-léonais en Guinée, tout comme celles des Guinéens vivant en Sierra Leone.
Vers une meilleure identification des ressortissants sierra-léonais
Face au nombre important de Sierra-Léonais installés en Guinée, notamment dans le cadre des activités commerciales, Freetown envisage également de renforcer les mécanismes d’identification et d’encadrement de ses ressortissants.
Selon Mohamed Juldeh Diallo, certaines dispositions ont déjà été évoquées avec l’ambassade de Sierra Leone à Conakry. D’autres mesures devraient être prises directement par les autorités de Freetown.
« Pour la gestion du grand nombre de ressortissants léonais en Guinée, le vice-président Mohamed Juldeh Diallo indique des mesures sont déjà « évoquées » au niveau de l’Ambassade léonaise. En plus, «au niveau de la Sierra Leone, on va prendre des mesures additionnelles parmi lesquelles c’est possible de doter tout ressortissants léonais d’une carte consulaire ou une carte de commerçant. C’est la même chose qui va se produire de l’autre côté. Comme on le dit souvent, la Guinée et la Sierra Leone c’est le même peuple pour deux pays. Des questions comme ça, on essaie de les traiter dans la logique de fraternité et de bon voisinage ».
Au-delà de la simple formalisation administrative, cette démarche vise donc à faciliter l’identification des ressortissants, à mieux encadrer leurs activités et, potentiellement, à prévenir de nouvelles incompréhensions entre les autorités et les communautés étrangères.
La communauté sierra-léonaise de Conakry au cœur de la prochaine étape
Après les échanges avec le gouvernement guinéen, la délégation sierra-léonaise devait également se rendre à la rencontre de la communauté sierra-léonaise vivant à Conakry.
Cette rencontre doit permettre aux autorités de Freetown de relayer directement auprès de leurs compatriotes les décisions arrêtées avec la partie guinéenne et de les sensibiliser sur les nouvelles dispositions envisagées.
L’objectif affiché est notamment de leur expliquer les premières mesures arrêtées pour répondre à leur situation.
«Des mesures à court termes qu’on a prises… par rapport à leur situation».
Cette séquence avec la communauté devrait constituer une étape importante de la visite du vice-président sierra-léonais, alors que Conakry et Freetown cherchent à tourner la page des épisodes de tension récents.
À travers ces nouvelles discussions, les deux voisins entendent ainsi privilégier le dialogue, la coordination et la fraternité dans la gestion d’une frontière où les liens humains, familiaux et commerciaux dépassent depuis longtemps les seules considérations administratives.
Pour Mohamed Juldeh Diallo, le principe reste clair : la proximité historique entre les deux peuples doit servir de socle à une gestion concertée des questions migratoires et au renforcement du bon voisinage entre la Guinée et la Sierra Leone.
Bouka Barry








