Assemblée nationale : le syndicat de l’administration parlementaire défie la suspension et annonce le renouvellement de son bureau
Suspendu par un communiqué du Secrétariat général de l’Assemblée nationale, le syndicat de l’administration parlementaire entend faire valoir ses droits. Réunis ce mardi 8 septembre...

Suspendu par un communiqué du Secrétariat général de l’Assemblée nationale, le syndicat de l’administration parlementaire entend faire valoir ses droits. Réunis ce mardi 8 septembre 2026 à la Maison de la presse de Conakry, les responsables syndicaux ont dénoncé une décision qu’ils assimilent à une atteinte à la liberté syndicale et annoncé l’installation prochaine d’un nouveau bureau.
Le bras de fer entre le syndicat de l’administration parlementaire et le Secrétariat général de l’Assemblée nationale est loin d’être terminé. Face aux interrogations suscitées par la suspension de ses activités, la structure syndicale a décidé de prendre la parole pour livrer sa version des faits et clarifier sa position.
Au cours d’une conférence de presse, Fodé Lamine Touré, secrétaire administratif du bureau syndical de la section des travailleurs parlementaires, a expliqué que cette rencontre avec les médias avait pour objectif de revenir sur le différend qui oppose actuellement les travailleurs au Secrétariat général de l’institution parlementaire.
Selon lui, le syndicat avait pris les dispositions nécessaires pour informer officiellement le secrétaire général de l’Assemblée nationale, Aboubacar Camara, de sa volonté de procéder au renouvellement de ses instances dirigeantes.
« Depuis le 31 du mois passé, nous avons écrit officiellement une lettre au secrétaire général pour l’informer du renouvellement du bureau syndical. Cette lettre a été rappelée par notre centrale syndicale, l’USTG », a-t-il expliqué.
Un désaccord autour de la fin du mandat
Au cœur de la controverse figure la durée du mandat de l’actuel bureau syndical. Le Secrétariat général de l’Assemblée nationale considère que celui-ci serait arrivé à expiration et ne reconnaîtrait donc pas, à ce stade, la possibilité d’installer une nouvelle équipe dans les conditions souhaitées par les travailleurs.
Une position vivement contestée par Fodé Lamine Touré. Le responsable syndical estime que cette interprétation est difficilement conciliable avec les principes garantissant la liberté syndicale.
« Nous regrettons cette position venant du secrétaire général, qui est juriste de son rang, d’être en porte-à-faux avec la loi. La liberté syndicale est un droit consacré par la Constitution. Dans tous les pays, les travailleurs sont libres de se constituer et d’être syndiqués », a-t-il soutenu.
Pour le syndicat, la question ne devrait donc pas être abordée sous l’angle d’un affrontement avec l’administration parlementaire, mais plutôt à travers le respect des droits syndicaux reconnus aux travailleurs.
Le syndicat rappelle les négociations menées ces dernières années
Les responsables syndicaux s’interrogent également sur le fait que la question de l’expiration du mandat soit aujourd’hui mise en avant, alors que, selon eux, les relations de travail avec le Secrétariat général se sont poursuivies au fil des années.
Fodé Lamine Touré rappelle notamment que des négociations auraient régulièrement été engagées autour des revendications des travailleurs, y compris durant la période au cours de laquelle le mandat du bureau est aujourd’hui présenté comme étant arrivé à terme.
« Les années dont on accuse aujourd’hui que notre mandat a expiré depuis 2024, pendant ces années-là, nous entretenions de bonnes relations dans les négociations sur une plateforme revendicative. La dernière en date, c’est en 2026 », a-t-il fait remarquer.
À ses yeux, ces échanges témoignent de la continuité des relations entre l’administration parlementaire et la représentation syndicale.
Le syndicat affirme par ailleurs ne pas se considérer comme une structure hostile au fonctionnement de l’Assemblée nationale. Il se présente plutôt comme un cadre de défense des intérêts professionnels et sociaux des travailleurs parlementaires, dans le respect des textes en vigueur.
Un nouveau bureau annoncé pour ce mercredi
Malgré la position du Secrétariat général, les responsables syndicaux annoncent leur intention de poursuivre le processus de renouvellement de leurs instances.
Fodé Lamine Touré a ainsi annoncé l’installation du nouveau bureau syndical pour ce mercredi 9 septembre 2026 au Palais du peuple.
« Nous invitons encore une fois la presse et les médias, qu’ils soient en ligne ou écrits, à venir demain. Nous allons installer notre structure syndicale », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette initiative ne constitue pas une déclaration de guerre aux autorités parlementaires. Le responsable syndical insiste au contraire sur la volonté de privilégier le dialogue et la voie diplomatique.
« Nous ne sommes plus dans une question de clan ou de guerre. Nous avons toujours privilégié, pendant quatre ans, la diplomatie syndicale, sans aucune violation des principes sacro-saints du droit », a-t-il assuré.
Les travailleurs auraient, selon les responsables syndicaux, été informés de la situation et se disent mobilisés autour du processus. L’installation du nouveau bureau devrait se tenir dans la salle du 28-Septembre, au Palais du peuple.
Le principe de continuité administrative mis en avant
Au cours de la conférence de presse, le syndicat a également évoqué la situation administrative au sein de l’Assemblée nationale, notamment celle du secrétaire général.
Fodé Lamine Touré estime qu’en l’absence, selon lui, d’un nouveau décret de nomination, le titulaire actuel devrait continuer à exercer ses fonctions au nom du principe de continuité administrative, jusqu’à une éventuelle confirmation ou décision de révocation.
« Jusqu’au moment où je vous parle, il n’y a pas eu de décret nommant un nouveau secrétaire. Donc, dans la continuité du principe administratif, je voudrais qu’il continue à exercer jusqu’à ce qu’il soit confirmé ou démis de ses fonctions. Et nous sommes dans ce cadre-là, nous aussi », a-t-il déclaré.
Pour le syndicat, le même principe devrait permettre au processus de renouvellement de ses instances de suivre son cours, conformément aux procédures syndicales qu’il affirme avoir engagées.
La confrontation entre le syndicat de l’administration parlementaire et le Secrétariat général de l’Assemblée nationale demeure donc entière. D’un côté, l’administration parlementaire invoque la situation du mandat du bureau syndical ; de l’autre, les travailleurs revendiquent leur droit à organiser le renouvellement de leurs instances.
Avec l’annonce de l’installation d’un nouveau bureau dès ce mercredi 9 septembre, le dossier pourrait connaître un nouvel épisode dans les prochaines heures.
Les responsables syndicaux réaffirment, pour leur part, leur détermination à défendre leurs droits et à faire respecter, selon eux, les principes de liberté et d’organisation syndicales au sein de l’administration parlementaire.
Zézé Enema Guilavogui








