Armée : au Camp Samory Touré, deux nouvelles infrastructures consacrent la modernisation du cadre de vie militaire
La modernisation de l’appareil de défense ne se mesure pas uniquement à la puissance des équipements et à la capacité opérationnelle des forces. Elle passe...

La modernisation de l’appareil de défense ne se mesure pas uniquement à la puissance des équipements et à la capacité opérationnelle des forces. Elle passe également par la qualité des infrastructures destinées à ceux qui servent la nation, mais aussi par la considération accordée à ceux qui ont déjà consacré une partie de leur vie à son service. C’est tout le sens de la double inauguration, ce vendredi 11 septembre 2026, de la Maison du combattant et de l’Hôtel militaire du Bataillon du quartier général (BQG), au Camp Samory Touré.
Le ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense nationale, le général à la retraite Ibrahima Kalil Condé, a présidé la cérémonie d’inauguration de ces deux infrastructures, en présence de plusieurs hauts responsables militaires, dont le chef d’État-Major général des armées, Ibrahima Sory Bangoura, et le chef d’État-Major de l’armée de Terre, Abdoulaye Keïta.
Au-delà du caractère protocolaire de la cérémonie, l’événement traduit une orientation assumée des autorités de la Défense : renforcer les infrastructures de soutien, améliorer les conditions d’accueil et de vie du personnel militaire et offrir aux anciens combattants des espaces dignes de leur parcours et des sacrifices consentis au service de la nation.
La Maison du combattant, un espace dédié à la mémoire et à l’accompagnement
Implantée dans l’enceinte de la Direction générale des pensions militaires et des anciens combattants, la Maison du combattant se veut bien davantage qu’un simple équipement administratif.

Pensée comme un véritable complexe d’accueil et d’accompagnement, elle est destinée aux anciens combattants, aux victimes de guerre, aux militaires retraités ainsi qu’aux familles concernées par les conséquences du service militaire.
L’infrastructure compte 24 chambres entièrement équipées, auxquelles s’ajoutent une bibliothèque, une salle de culte, une buanderie, une salle de sport, des cabinets d’hospitalisation, un laboratoire, un musée, un restaurant, une salle informatique, des bureaux, une salle des machines et une salle de conférence d’une capacité de 52 places.

À travers cet ensemble, c’est aussi un lieu de mémoire qui prend forme : un espace appelé à préserver le lien entre les générations militaires et à rappeler la place particulière qu’occupent les anciens combattants dans l’histoire de la nation.
Prenant la parole au nom des bénéficiaires, le porte-parole des anciens combattants et victimes de guerre, le commandant à la retraite Bakary Mara, a d’abord rendu hommage aux soldats tombés au service du pays, ainsi qu’à feu Elhadj Mamadou Baldé, ancien directeur de l’Office national des anciens combattants.
Dans une allocution empreinte de reconnaissance, il a salué la réalisation de cette infrastructure et exprimé la gratitude des bénéficiaires à l’endroit des autorités et des partenaires ayant contribué à sa concrétisation.
« Au nom des anciens combattants et victimes de guerre, permettez-moi de m’incliner pieusement devant la mémoire de feu Elhadj Mamadou Baldé, ancien directeur de l’Office National des Anciens Combattants, et ceux et tous ceux tombés l’arme à la main pour l’honneur et pour la dignité humaine.
Le 5 septembre 2021, notre vaillante armée et les forces de sécurité, sous la clairvoyance de Son Excellence Mamadi Doumbouya, Président de la République, Chef de l’État, Chef suprême des armées, a posé un acte majeur, un acte historique majeur à travers la prise effective du pouvoir par les forces de défense et de sécurité, en vue de remettre notre pays sur le chemin du droit de l’homme, du développement, de la refondation de l’État et de la modernité. En voici une des preuves parmi tant d’autres : En dotant l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre d’un complexe moderne d’une commodité exceptionnelle, cela grâce au CNRD, le ministre délégué auprès du Président de la République chargé de la Défense Nationale, la Direction Générale des Pensions Militaires et Anciens Combattants et le partenaire français.
Nous vous en remercions infiniment pour cet acte salutaire qui restera gravé dans la mémoire de tous les anciens combattants, veuves et anciens militaires de Guinée », s’est réjoui le porte-parole.
Un hôtel militaire aux standards de l’hôtellerie moderne
À quelques encablures, l’Hôtel militaire du Bataillon du quartier général vient compléter ce dispositif avec une vocation différente, mais une ambition commune : proposer un cadre d’hébergement répondant aux exigences de confort, de fonctionnalité et de sécurité.
Conçu pour concilier les impératifs du milieu militaire avec les standards de l’hôtellerie moderne, l’établissement s’élève sur trois niveaux de 900 m² chacun.
Il est principalement destiné aux militaires, mais peut également accueillir, conformément aux règles en vigueur, des civils, des familles, des partenaires institutionnels ainsi que des voyageurs de passage.
Le rez-de-chaussée abrite notamment une grande salle de réception, des salons d’accueil répondant aux normes internationales, une salle VIP, un restaurant, une salle de conférence et les locaux de la direction administrative.
Le premier étage comprend 19 chambres de haut standing, homologuées quatre étoiles par le ministère de l’Hôtellerie. Le deuxième niveau compte pour sa part 10 suites quatre étoiles, composées chacune d’un salon et d’une chambre complémentaire.
L’établissement dispose en outre d’une piscine avec vue sur la mer, d’espaces de restauration, d’une réserve d’eau d’une capacité de 20 000 litres et d’un groupe électrogène automatique destiné à assurer sa continuité de fonctionnement et son autonomie technique et sécuritaire.
Pour le ministre Condé, une infrastructure militaire doit aussi être un outil de cohésion
Dans son allocution, le ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense nationale, le général à la retraite Ibrahima Kalil Condé, a insisté sur la portée à la fois matérielle, humaine et symbolique de ces deux réalisations.

Évoquant particulièrement la Maison du combattant, le ministre a souligné sa vocation sociale et mémorielle, tout en rappelant la dette morale de la République envers ceux qui ont servi sous les armes.
« La maison du combattant revêt une importance tout aussi majeure. Plus qu’un bâtiment administratif, elle constituera un espace d’accueil, d’écoute, d’orientation et d’accompagnement social. Elle sera également un lieu de solidarité et de mémoire dédié aux anciens combattants, aux militaires retraités, aux blessés et aux familles éprouvées par la perte de l’un des leurs. Par cette maison, la République affirme qu’elle n’oublie aucun de ses serviteurs.Elle rappelle aux générations présentes et futures que le service des armes repose sur le courage, la discipline, la loyauté envers les institutions républicaines, le désintéressement et le sens du devoir. Elle rend hommage à celles et ceux qui ont consenti les grands sacrifices pour préserver la souveraineté nationale. Ces deux infrastructures traduisent une vision globale de la modernisation de l’armée. La crédibilité d’une défense ne repose pas uniquement sur la qualité de ses équipements ou sur la préparation opérationnelle de ses unités.Elle tient également à la solidité des structures qui soutiennent son action, aux conditions de vie offertes à son personnel et à l’attention portée à ceux qui ont consacré une part de leur existence au service de la nation », explique-t-il.
« Aucun relâchement ne sera toléré »
Si l’inauguration marque l’aboutissement d’un important investissement infrastructurel, le ministre de la Défense nationale a également insisté sur la nécessité d’assurer une gestion rigoureuse et durable de ces nouveaux équipements.

Aux responsables appelés à administrer les deux infrastructures, le général Ibrahima Kalil Condé a ainsi adressé une consigne claire : préserver la qualité des installations et veiller scrupuleusement au respect des règles de gestion.
« Leur gestion devra être exemplaire, transparente et conforme aux règles administratives, financières et sécuritaires en vigueur. Ces infrastructures constituent un patrimoine de l’État au service de la communauté militaire. Leur pérennité reposera sur la discipline de chacun, le respect du bien public et un contrôle constant de leur fonctionnement. Aucun relâchement ne sera toléré. Les efforts consentis pour leur réalisation », prévient-il.
Une nouvelle étape dans la modernisation des structures de défense
Avec l’inauguration de la Maison du combattant et de l’Hôtel militaire du BQG, le ministère de la Défense nationale franchit ainsi une nouvelle étape dans la modernisation de ses infrastructures.
Au Camp Samory Touré, cette double réalisation vient ainsi matérialiser une conception plus large de la politique de défense : une armée moderne ne se construit pas seulement avec des moyens opérationnels, mais aussi avec des infrastructures adaptées, une prise en charge digne de son personnel et une reconnaissance tangible envers ceux qui ont servi la République.
Zeze Enema Guilavogui








