Médias privés guinéens : la FEPAP-GUI engage le plaidoyer pour une subvention annuelle de 15 milliards GNF
À l’occasion de sa première rencontre officielle avec la Haute Autorité de la communication (HAC) ce vendredi 30 octobre 2026, le nouveau bureau de la...

À l’occasion de sa première rencontre officielle avec la Haute Autorité de la communication (HAC) ce vendredi 30 octobre 2026, le nouveau bureau de la Fédération patronale des associations professionnelles de la presse de Guinée (FEPAP-GUI), conduit par Amadou Tham Camara, a exposé les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les entreprises de presse. Au cœur des revendications : une réforme de leur environnement fiscal, un meilleur accès aux financements et le relèvement de la subvention publique annuelle de 3 à 15 milliards de francs guinéens dès la loi de finances initiale 2027.
Au-delà d’une simple présentation du nouveau bureau, cette rencontre a constitué une tribune pour porter les revendications du patronat de la presse auprès des institutions de régulation et des organisations représentatives du secteur privé. L’ambition affichée est de faire reconnaître les médias comme de véritables entreprises, dont la contribution à l’économie nationale repose notamment sur la création d’emplois, les investissements matériels, le développement des compétences et la mobilisation de ressources humaines qualifiées.
Face à ses interlocuteurs, le président de la FEPAP-GUI, Amadou Tham Camara, a dressé un tableau préoccupant de la situation économique des entreprises de presse. Il a notamment mis en lumière les obstacles qui compromettent leur rentabilité et limitent leurs capacités d’investissement et de développement.
« Ces difficultés ont pour nom : charges fiscales et sociales, accès limité aux financements bancaires, faiblesse des ressources publicitaires, et concurrence déloyale des plates-formes numériques internationales (Facebook, Google, TikTok, j’en passe)», a-t-il énuméré.
Pour inverser cette tendance, le nouveau bureau entend mobiliser la HAC et la CGE-GUI autour d’un plaidoyer commun en faveur d’un environnement économique plus favorable aux médias. Parmi les priorités soumises à ces deux institutions figurent l’adaptation de la fiscalité aux réalités du secteur, l’amélioration des mécanismes de financement et l’intégration des entreprises de presse dans les différents programmes d’accompagnement du secteur privé.

La Fédération souhaite également établir des passerelles économiques plus solides entre les médias et les grandes entreprises implantées en Guinée. Elle préconise notamment le développement de relations commerciales structurées, fondées sur des engagements publicitaires durables plutôt que sur des collaborations ponctuelles.
«d’une fiscalité adaptée, d’un meilleur accès au financement et d’une intégration effective des entreprises de presse dans les dispositifs d’accompagnement du secteur privé. Nous sollicitons également son accompagnement pour développer des partenariats commerciaux entre les entreprises membres de la confédération et les médias guinéens. Nous pensons notamment aux contrats publicitaires annuels et aux partenariats avec les grandes entreprises opérant dans notre pays», a-t-il plaidé.
S’adressant ensuite aux responsables de la Haute Autorité de la communication, Amadou Tham Camara a appelé à une coopération institutionnelle plus étroite entre le régulateur et les organisations patronales de presse. Pour lui, les enjeux de régulation ne sauraient être dissociés des conditions économiques dans lesquelles évoluent les entreprises médiatiques. La liberté de la presse, l’exigence déontologique et la pérennité financière des médias constituent, selon cette vision, des impératifs complémentaires.
«À l’endroit de monsieur le Président de la Haute Autorité de la Communication, nous souhaitons renforcer le dialogue entre l’autorité de régulation et les organisations patronales de presse. Nous sommes convaincus que la régulation, la liberté de la presse, le respect de la déontologie et la viabilité économique des médias doivent avancer ensemble».
Mais c’est surtout la question de la subvention publique destinée aux médias privés qui a constitué l’un des points majeurs de cette démarche. La FEPAP-GUI estime que l’enveloppe actuelle, maintenue à 3 milliards de francs guinéens depuis près de deux décennies, ne correspond plus aux réalités économiques du secteur ni aux charges auxquelles les entreprises de presse doivent désormais faire face.
En conséquence, son président a officiellement plaidé pour une multiplication par cinq de cette dotation, avec un objectif clairement défini : obtenir son inscription à hauteur de 15 milliards de francs guinéens dans la loi de finances initiale pour l’exercice 2027. Un appel adressé à la HAC, dont l’appui institutionnel est jugé déterminant pour faire aboutir cette revendication auprès des autorités compétentes.
«Permettez-moi de rappeler que depuis 18 ans, le montant de la subvention aux médias privés est gelé à 3 milliards. C’est pourquoi, monsieur le Président de la Haute Autorité de la Communication, nous comptons sur votre appui pour que la subvention soit fixée désormais à 15 milliards dans la loi des finances initiales 2027».
Au terme de cette rencontre, la FEPAP-GUI a également réaffirmé sa volonté de prendre une part active aux initiatives visant à assainir et à professionnaliser davantage le paysage médiatique guinéen. La Fédération entend ainsi inscrire son action dans une logique de collaboration avec le régulateur, tout en défendant une meilleure prise en compte des entreprises de presse dans les politiques publiques de développement économique.

Dans cette perspective, Amadou Tham Camara a notamment évoqué les perspectives offertes par le programme Simandou 2040, estimant que les entreprises médiatiques doivent pouvoir bénéficier des opportunités économiques générées par les grands projets structurants du pays. Il a, dans le même élan, proposé l’instauration d’un mécanisme permanent de dialogue réunissant les trois parties prenantes : la HAC, la CGE-GUI et la FEPAP-GUI.
«Monsieur le Président, vous pouvez compter sur notre collaboration franche sur le travail d’assainissement de la corporation. Enfin, nous souhaitons que les entreprises de presse soient prises en compte dans les perspectives de développement économique de notre pays, notamment à travers les opportunités offertes par Simandou 2040. Notre proposition est simple : mettre en place un cadre permanent de concertation entre la HAC, la CGE-GUI et la FEPAP-GUI, afin de transformer ces préoccupations en réalités concrètes et en actions mesurables».
À travers cette première démarche institutionnelle, le nouveau bureau de la FEPAP-GUI affiche ainsi ses ambitions : faire sortir les entreprises de presse de leur fragilité économique, renforcer leur reconnaissance au sein du secteur privé et obtenir des mesures concrètes en faveur de leur viabilité. Reste désormais à savoir dans quelle mesure ce plaidoyer trouvera un écho auprès des institutions et des décideurs concernés, particulièrement à l’approche de l’élaboration du budget de l’État pour 2027.
Bouka Barry








