Insécurité routière : le gouvernement annonce un plan d’urgence inédit pour mettre fin à l’hécatombe sur les routes guinéennes
Face à la recrudescence préoccupante des accidents de la circulation en Guinée, le gouvernement entend durcir le ton. Le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a...

Face à la recrudescence préoccupante des accidents de la circulation en Guinée, le gouvernement entend durcir le ton. Le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a annoncé, ce lundi 27 juillet 2026, l’élaboration imminente d’un plan d’urgence destiné à renforcer la sécurité routière et à mettre un terme à ce qu’il qualifie d’une situation « inacceptable ».
S’exprimant lors d’une conférence de presse réunissant les médias nationaux et internationaux, le ministre a passé en revue plusieurs dossiers d’actualité économique, politique et sociale. Il a notamment estimé que le pays devait désormais concentrer toutes ses énergies sur les enjeux du développement, affirmant que « le temps des élections est désormais derrière nous ».
Au cours de cette rencontre, Ousmane Gaoual Diallo est également revenu sur les principales réformes engagées par le gouvernement, tout en saluant les retombées positives de la participation du Président de la République à la 69ᵉ session de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO.
Mais c’est la question de l’insécurité routière qui a dominé les échanges. Confronté à une série d’accidents meurtriers enregistrés ces dernières semaines, le gouvernement a engagé des concertations de haut niveau avec l’ensemble des institutions concernées afin de définir une réponse coordonnée et efficace.
Le ministre a dénoncé avec fermeté les multiples causes de ces drames, pointant aussi bien l’imprudence et l’indiscipline des usagers que les défaillances dans l’application des contrôles.
« Cette recrudescence des accidents est liée à plusieurs facteurs, notamment l’imprudence, l’indiscipline, mais aussi à la négligence des autorités. Il faut avoir le courage de le reconnaître. Des camions et des véhicules en surcharge circulent sous nos yeux, quittent nos gares, empruntent nos routes et franchissent les différents postes de contrôle avant d’aller endeuiller des familles. Cette situation n’est plus acceptable », a déclaré Ousmane Gaoual Diallo.
Pour inverser cette tendance, le ministère des Transports a réuni autour de la même table les départements de la Justice, de la Défense, de la Sécurité, de la Santé, des Infrastructures, ainsi que les syndicats du secteur, les organisations de la société civile et les acteurs spécialisés dans la sécurité routière, notamment l’AGUISER. L’objectif est d’élaborer des mesures opérationnelles susceptibles de réduire de manière significative le nombre d’accidents.
Selon le ministre, les travaux sont déjà à un stade très avancé et le plan d’urgence sera dévoilé dans le courant de cette semaine. Il intégrera de nouvelles exigences réglementaires ainsi que des dispositifs de contrôle renforcés.
Sans entrer dans les détails, Ousmane Gaoual Diallo a laissé entendre que le document pourrait prévoir un déploiement accru des forces de défense et de sécurité sur les principaux axes routiers, une responsabilisation plus stricte des compagnies de transport et des syndicats, ainsi qu’un renforcement des obligations imposées à l’ensemble des acteurs du secteur.
Le porte-parole du gouvernement a également assuré que ce plan bénéficiera de ressources financières substantielles afin de garantir son application effective. Parmi les mesures envisagées figure l’équipement des agents de la police routière en caméras individuelles destinées à filmer les infractions. Ces enregistrements permettraient d’identifier les contrevenants et d’engager des poursuites judiciaires, y compris plusieurs années après la commission des faits.
À travers cette initiative, les autorités affichent leur volonté de rompre avec l’impunité sur les routes et de faire de la sécurité routière une priorité nationale, dans l’espoir d’enrayer durablement une hécatombe qui continue de coûter la vie à des dizaines de citoyens.
Bouka Barry








