Guinée : l’École de guerre ouvre une nouvelle ère dans la formation des hauts cadres militaires
Le Premier ministre Amadou Oury Bah a présidé, ce lundi 12 octobre 2026, la cérémonie d’ouverture du premier stage de l’École de guerre de Guinée (EGG). Une initiative stratégique destinée à renforcer les capacités de commandement des Forces armées, à développer la réflexion stratégique et à préparer les officiers aux défis sécuritaires contemporains.
La Guinée franchit une nouvelle étape dans la structuration de son enseignement militaire supérieur. Créée le 30 septembre 2026, l’École de guerre de Guinée (EGG) a officiellement lancé la formation de sa première promotion, lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah, en présence des principaux responsables de la hiérarchie militaire.
À travers cette nouvelle institution, les autorités entendent former une génération d’officiers capables d’assumer les plus hautes responsabilités militaires, d’analyser les rapports de force, d’anticiper les menaces et d’élaborer des réponses adaptées aux mutations de l’environnement sécuritaire. L’ambition est également de consolider l’autonomie stratégique du pays en dotant ses Forces armées de cadres rompus à la planification, à la prise de décision et à la conduite des opérations complexes.
Prenant la parole à l’occasion de cette cérémonie inaugurale, le directeur général de l’établissement, le général Amadou Kaba, a évoqué le chemin parcouru depuis ses premières expériences dans la formation des officiers en Guinée. Il a notamment rappelé qu’en 2007, il exerçait les fonctions de professeur principal lors du premier cours d’état-major organisé dans le pays.

« En 2007, j’étais professeur principal du premier cours d’état-major organisé en Guinée. Dix-neuf ans plus tard, je suis à la tête de cette nouvelle institution », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la portée symbolique de cette évolution dans le parcours de l’enseignement militaire national.
Le général Amadou Kaba a, par ailleurs, salué la vision du président de la République, Mamadi Doumbouya, en faveur du développement de l’enseignement militaire supérieur. Il a réaffirmé son engagement à faire de l’École de guerre un établissement de référence, fondé sur la rigueur académique, l’exigence professionnelle et la recherche de l’excellence.
Le ministre délégué chargé de la Défense nationale, Ibrahima Kalil Condé, a, pour sa part, invité les officiers stagiaires à aborder cette formation avec « humilité, rigueur et détermination ». Au-delà de l’acquisition de compétences techniques et opérationnelles, il les a appelés à développer les aptitudes indispensables à l’exercice du commandement : le discernement, l’anticipation et le sens élevé du service de la République.

Cette orientation traduit une conception exigeante du métier des armes, dans laquelle la maîtrise des opérations doit s’accompagner d’une solide capacité d’analyse et d’une compréhension approfondie des enjeux qui déterminent les décisions militaires.
Représentant le chef de l’État, le Premier ministre Amadou Oury Bah a inscrit la création de l’EGG dans une perspective plus large de renforcement des capacités de défense et de consolidation de la souveraineté nationale. Il a insisté sur la nécessité de former des officiers capables d’appréhender la sécurité dans toute sa complexité, en intégrant ses dimensions politiques, diplomatiques, économiques et humaines.

S’adressant aux premiers auditeurs de l’École de guerre, le chef du gouvernement les a exhortés à prendre pleinement conscience de la responsabilité attachée à leur statut de pionniers. Leur formation ne constitue pas seulement une étape supplémentaire dans leur carrière militaire : elle les appelle à contribuer durablement à la transformation des capacités de réflexion, de commandement et de décision des Forces armées guinéennes.
Discipline, sens du devoir et profondeur de l’analyse stratégique devront ainsi guider leur parcours. Autant de qualités jugées essentielles pour faire face à des menaces dont la nature et les ramifications exigent désormais une lecture dépassant le seul cadre opérationnel.
Le Premier ministre a également rappelé un principe fondamental : les Forces armées doivent demeurer au service de la Nation et de ses institutions, dans le strict respect des valeurs républicaines.

Avec l’ouverture de cette première promotion, l’École de guerre de Guinée entend ainsi poser les fondements d’un enseignement militaire supérieur davantage tourné vers l’anticipation, la réflexion stratégique et la préparation des futurs hauts responsables militaires. Un chantier institutionnel dont la portée se mesurera, à terme, à la capacité des officiers formés à répondre aux exigences de la défense nationale et aux impératifs de souveraineté du pays.
Hawa Thiam








