Simandou 2040 : à Bangkok, la Guinée plaide pour un financement du développement plus équitable et durable
En prenant part au 17ᵉ Dialogue ministériel du V20, organisé à Bangkok en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, le...

En prenant part au 17ᵉ Dialogue ministériel du V20, organisé à Bangkok en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, le ministre guinéen du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABÉ, a défendu une vision du développement fondée sur la souveraineté économique, l’accès à des financements adaptés et la transformation durable des ressources nationales. Une ambition qui trouve son prolongement dans le programme Simandou 2040, porté par le président Mamadi DOUMBOUYA.
La Guinée entend faire entendre sa voix dans les grandes concertations internationales sur le financement du développement et la résilience climatique. À Bangkok, en Thaïlande, Ismaël NABÉ, ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, a pris part au 17ᵉ Dialogue ministériel du V20, une plateforme réunissant les vingt économies les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Organisée sous le thème « Development and Delivery in a Multipolar World », cette rencontre a constitué une tribune privilégiée pour porter les aspirations des pays en développement dans un contexte international marqué par la recomposition des équilibres économiques et financiers.
Au cœur des échanges : la nécessité de faire évoluer les mécanismes de financement du développement afin de mieux répondre aux réalités des économies les plus exposées aux chocs climatiques. Pour ces pays, l’enjeu ne se limite plus à mobiliser des ressources financières. Il s’agit également d’obtenir des financements accessibles, prévisibles et adaptés aux priorités nationales, tout en préservant leur capacité à définir souverainement leurs trajectoires de croissance.
Prenant la parole devant ses pairs, le ministre guinéen a insisté sur les exigences d’un véritable partenariat international, fondé sur l’équité et l’efficacité. « Un monde multipolaire ne doit pas seulement offrir plus de partenaires aux pays en développement, il doit aussi renforcer leur capacité à définir leurs propres priorités, à négocier des conditions équitables et à obtenir des résultats concrets pour leurs populations », a-t-il déclaré.

Cette prise de position traduit une préoccupation majeure pour les économies vulnérables, confrontées à une équation de plus en plus complexe : faire face aux conséquences du dérèglement climatique tout en finançant les infrastructures essentielles, en stimulant la création d’emplois, en renforçant la sécurité alimentaire et en améliorant durablement les conditions de vie des populations.
Pour répondre à ces impératifs, Ismaël NABÉ a plaidé en faveur d’une architecture financière internationale davantage en phase avec les besoins des pays concernés. Il a notamment souligné l’importance de mécanismes de financement « plus abordable[s], prévisible[s] et adapté[s] aux réalités spécifiques de ces économies ». Une orientation qui place la qualité des financements, leurs conditions d’accès et leur impact sur les populations au centre des discussions.
Pour la Guinée, ces enjeux s’inscrivent dans une dynamique nationale de transformation économique dont Simandou 2040 constitue l’un des axes majeurs. Portée par le président Mamadi DOUMBOUYA, cette initiative entend placer le développement des capacités productives, la valorisation durable des ressources naturelles et la diversification de l’économie au cœur de la trajectoire nationale.
L’ambition est claire : faire de la richesse du sous-sol guinéen un levier de développement structurel, capable de soutenir la création de valeur sur le territoire national, de favoriser l’émergence d’activités productives et de contribuer à une prospérité mieux répartie. Au-delà de l’exploitation des ressources naturelles, l’enjeu consiste à inscrire leur valorisation dans une vision de long terme, articulant investissements, renforcement des compétences, infrastructures et amélioration des conditions de vie.
« Pour la Guinée, le développement signifie renforcer les capacités productives, consolider la résilience et transformer la richesse naturelle du pays en une prospérité largement partagée », a rappelé le ministre. Cette déclaration met en lumière l’articulation entre les ambitions nationales et les préoccupations défendues au sein du V20 : disposer des moyens nécessaires pour bâtir une économie plus solide, mieux préparée aux chocs et davantage créatrice de richesses au bénéfice de ses citoyens.
Dans cette perspective, l’accès à des financements adaptés apparaît comme un enjeu stratégique. La réalisation des ambitions de développement exige en effet des ressources mobilisables dans des conditions compatibles avec les capacités économiques du pays, mais aussi des partenariats capables d’accompagner durablement les priorités nationales.
En marge des travaux, Ismaël NABÉ a multiplié les échanges avec plusieurs responsables politiques et institutionnels, notamment Mia Amor Mottley, Première ministre de la Barbade et présidente du CVF-V20, ainsi qu’avec des homologues du Gabon et du Burkina Faso, le Premier ministre de Guinée-Bissau, M. Zeidane, et des représentants du Fonds monétaire international (FMI).
Ces rencontres ont offert un cadre d’échanges sur les défis communs aux économies vulnérables, les perspectives de coopération et les possibilités de mobilisation des financements en faveur des priorités de développement de la Guinée. Elles s’inscrivent dans une démarche de diplomatie économique visant à consolider les partenariats internationaux et à renforcer la capacité du pays à défendre ses intérêts dans les enceintes multilatérales.

La participation guinéenne à ce dialogue ministériel intervient ainsi à la croisée de deux impératifs : faire évoluer les mécanismes internationaux de financement pour mieux tenir compte des vulnérabilités des pays en développement et créer, au niveau national, les conditions d’une transformation économique durable.
À Bangkok, le message porté par Ismaël NABÉ est sans équivoque : la multiplication des partenaires et des sources de financement ne saurait constituer une fin en soi. Elle doit se traduire par une plus grande capacité d’action des États, des investissements à fort impact et des résultats tangibles pour les populations.
Pour la Guinée, l’enjeu est désormais de faire converger les opportunités de coopération internationale avec les ambitions de Simandou 2040, afin que les ressources naturelles du pays deviennent un moteur de croissance inclusive, de résilience et de prospérité durable.
Hawa Thiam








