Sidya Touré s’en est allé : la Guinée en deuil d’une grande voix de la République
La classe politique guinéenne est plongée dans le deuil. Sidya Touré, ancien Premier ministre et président de l’Union des Forces Républicaines (UFR), est décédé ce...

La classe politique guinéenne est plongée dans le deuil. Sidya Touré, ancien Premier ministre et président de l’Union des Forces Républicaines (UFR), est décédé ce vendredi 25 septembre 2026 à Paris, à l’âge de 81 ans. Avec sa disparition, c’est une figure majeure de la vie publique guinéenne qui s’éteint, laissant derrière elle plusieurs décennies d’engagement au service de l’État et de la politique nationale.
Homme d’État, haut fonctionnaire et dirigeant politique, Sidya Touré aura marqué de son empreinte l’histoire contemporaine de la Guinée. Son parcours commence toutefois loin des arènes politiques guinéennes. Il se forge d’abord une solide expérience de haut commis de l’État en Côte d’Ivoire, où il exerce d’importantes responsabilités administratives avant de renouer avec la scène publique de son pays.
Son retour au premier plan intervient en 1996, lorsque le président Lansana Conté lui confie les rênes du gouvernement. La Guinée traverse alors une période particulièrement délicate, confrontée à d’importantes difficultés économiques et sociales. À la tête de la Primature, Sidya Touré s’emploie à remettre de l’ordre dans les finances publiques, à moderniser l’administration et à insuffler une nouvelle dynamique à l’action gouvernementale.
Son passage à la Primature reste notamment associé aux efforts entrepris pour améliorer les services essentiels à la population, en particulier la desserte en eau et en électricité à Conakry. Cette période contribue à forger son image de technocrate attaché à la rigueur administrative, aux réformes et à l’efficacité de l’action publique.
Après avoir quitté ses fonctions de Premier ministre en 1999, Sidya Touré ne s’éloigne pas pour autant de la vie publique. Il choisit au contraire d’investir pleinement le champ politique. À la tête de l’Union des Forces Républicaines (UFR), il s’impose progressivement comme l’une des figures importantes de l’opposition guinéenne.
Candidat à l’élection présidentielle de 2010, puis à celle de 2015, il défend au fil des années une vision de la Guinée fondée notamment sur la réforme de l’État, la bonne gouvernance, le développement économique et la valorisation du potentiel agricole du pays.
En 2022, Sidya Touré quitte la Guinée pour l’exil. Mais, même à distance, son nom demeure étroitement lié aux grands débats qui traversent la vie politique nationale.
Sa disparition, à 81 ans, met un terme à plusieurs décennies d’une trajectoire consacrée à la chose publique. Au-delà de l’homme politique, c’est une génération de responsables qui disparaît avec lui, emportant une part de la mémoire politique de la Guinée contemporaine.
La Guinée perd ainsi l’un de ses anciens Premiers ministres et l’une des voix qui auront durablement compté dans son histoire politique récente. Son parcours, ses combats et son héritage continueront, sans doute, d’alimenter la mémoire collective et le débat national.
Abdoulaye Bouka Barry








