Recrutement des préfets et gouverneurs : la ministre du MATD lance les épreuves du concours
Le processus de recrutement des futurs préfets et gouverneurs est officiellement lancé en Guinée. La ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Madame...

Le processus de recrutement des futurs préfets et gouverneurs est officiellement lancé en Guinée. La ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Madame Camara Djenabou Touré, a procédé, ce jeudi 5 novembre 2026, au lancement des épreuves écrites du concours de recrutement des administrateurs territoriaux. La cérémonie s’est déroulée en présence du secrétaire général du département ainsi que de plusieurs cadres du ministère.

À travers cette initiative, le département entend instaurer un processus de sélection fondé sur le mérite et les compétences, en vue de constituer une liste de candidats qualifiés qui sera soumise au président de la République pour les nominations aux fonctions de préfet et de gouverneur.
À l’issue du lancement des épreuves, la ministre a communiqué les statistiques relatives aux candidatures enregistrées et à la phase de présélection. Elle a notamment révélé que l’appel à candidatures, lancé le 13 septembre dernier, avait suscité un intérêt particulièrement important pour les postes de préfet.

« À la suite de l’appel à candidatures lancé le 13 septembre dernier par le département, 735 candidatures au poste de préfet ont été enregistrées. Après examen des dossiers, 92 candidats ont été présélectionnés. Pour les postes de gouverneur, 28 candidatures ont été reçues, parmi lesquelles deux ont été retenues », a précisé d’entrée de jeu la ministre.
Un recrutement dicté par l’exigence de compétence et d’efficacité administrative.
Revenant sur les motivations profondes de cette démarche, Madame Camara Djenabou Touré a insisté sur la nécessité de renforcer la qualité des ressources humaines au sein de l’administration territoriale. Pour la ministre, la réussite des politiques publiques et la concrétisation des ambitions de développement à la base reposent, avant tout, sur la qualification des femmes et des hommes appelés à conduire l’action de l’État dans les territoires.
Elle a notamment rappelé que cette orientation s’inscrivait dans les priorités définies par sa lettre de mission, reçue à sa prise de fonction auprès du Premier ministre, chef du Gouvernement.
« À ma prise de fonction, j’ai reçu une lettre de mission de Monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement. Cette lettre de mission met notamment l’accent sur le développement local et la gouvernance participative. Or, ces objectifs reposent essentiellement sur les ressources humaines. C’est le capital humain qui peut nous permettre d’accélérer le développement à la base. Comme vous le savez, les préfets et les gouverneurs sont des administrateurs territoriaux qui représentent le chef de l’État et l’ensemble des départements sectoriels dans leurs localités respectives. Nous avons donc besoin de femmes et d’hommes qualifiés pour occuper ces fonctions. Il faut des personnalités hautement compétentes, professionnelles et capables d’appréhender l’ensemble des problématiques liées à la gestion publique. Nous comptons près de 30 départements ministériels, ce qui correspond à autant de politiques nationales. Chaque administrateur territorial doit être en mesure de maîtriser ces politiques afin de coordonner efficacement l’action gouvernementale dans les régions et les préfectures, mais également d’apporter un accompagnement technique aux directeurs préfectoraux et régionaux dans leurs territoires respectifs. C’est précisément pour cette raison que nous avons engagé ce processus de recrutement. Nous voulons donner les mêmes chances à tous les cadres, aussi bien au niveau central qu’à l’intérieur du pays, y compris à ceux qui n’ont pas nécessairement l’occasion de rencontrer un ministre, un conseiller ou un directeur national. Ils doivent pouvoir accéder à ces responsabilités en faisant valoir leurs compétences. Il s’agissait d’un appel à candidatures interne, exclusivement destiné aux fonctionnaires de l’administration du territoire. Une première sélection a été effectuée sur la base des dossiers soumis. Sur les plus de 700 candidatures enregistrées pour les postes de préfet, seuls 92 candidats ont été retenus après examen des dossiers. Pour les postes de gouverneur, sur les 28 candidatures reçues, deux ont été présélectionnées. Aujourd’hui, ces candidats affrontent des épreuves portant sur différentes thématiques relatives à notre pays, à la coordination de l’action gouvernementale ainsi qu’à la gestion des dossiers sur le terrain. Ils disposent de trois heures pour composer », a expliqué la ministre.
Les candidats retenus seront soumis à l’appréciation du chef de l’État.

Au-delà des épreuves écrites, le processus prévoit également une phase d’entretien destinée à départager les candidats les plus méritants. La ministre a tenu à lever toute équivoque sur la procédure de nomination, rappelant que le choix définitif des préfets et des gouverneurs relève des prérogatives constitutionnelles du président de la République, sur proposition du département en charge de l’Administration du territoire.
« Ceux qui se distingueront lors de cette épreuve pratique, à travers le traitement des sujets qui leur ont été soumis, seront convoqués pour un entretien. La liste des candidats retenus sera ensuite soumise à Son Excellence Monsieur le président de la République, chef de l’État. Il faut bien comprendre que ce n’est pas la ministre qui procède aux nominations. La nomination aux fonctions de préfet et de gouverneur relève du pouvoir discrétionnaire du président de la République, sur proposition de la ministre de l’Administration du territoire. Notre ambition est de proposer au chef de l’État des personnalités qualifiées et compétentes, capables de contribuer à la réalisation de sa vision pour la Guinée. Nous voulons également que le programme Simandou 2040 puisse être mis en œuvre avec célérité jusque dans nos territoires, pour le bonheur des populations guinéennes. C’est toute la raison d’être de ce processus », a-t-elle souligné.
Les résultats annoncés pour ce vendredi 6 novembre.

La ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a, par ailleurs, annoncé un calendrier particulièrement resserré pour la suite du processus. Selon ses précisions, les corrections doivent intervenir dès ce jeudi soir, afin de permettre la publication des résultats dès le lendemain, vendredi 6 novembre 2026. Les candidats déclarés admis devraient ensuite prendre part aux entretiens.

« Dès demain, les candidats admis connaîtront leur sort. Il n’est pas nécessaire de faire durer les choses. Les corrections auront lieu ce soir et demain. D’ici à demain soir, nous connaîtrons les noms des candidats retenus, qui passeront également les entretiens. Une proposition sera ensuite transmise au président de la République, par l’intermédiaire de Monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement, et de son cabinet », a conclu la ministre.
À travers ce concours, le MATD entend ainsi franchir une nouvelle étape dans la professionnalisation de l’administration territoriale, en privilégiant la compétence, le mérite et la capacité des futurs responsables à porter efficacement l’action publique au plus près des populations.
Abdoulaye Bouka Barry








