Moussa Moïse Sylla, un ministre au chevet des légendes : le groupe Mifagueya bénéficie d’une prise en charge sanitaire d’urgence
Après plusieurs années marquées par la précarité et des problèmes de santé, les membres du mythique groupe Mifagueya, qui a profondément marqué le paysage du...

Après plusieurs années marquées par la précarité et des problèmes de santé, les membres du mythique groupe Mifagueya, qui a profondément marqué le paysage du rap guinéen dans les années 2000, bénéficient d’une attention particulière des autorités culturelles. À l’initiative du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, une prise en charge sanitaire d’urgence est annoncée pour Two Marley et Magica, deux artistes dont le parcours demeure gravé dans la mémoire musicale de toute une génération.
C’est un geste de solidarité qui remet au premier plan la question de la reconnaissance et de la protection des figures emblématiques de la culture guinéenne. En recevant les membres du groupe Mifagueya, confrontés depuis plusieurs années à des difficultés sanitaires et sociales, le ministre Moussa Moïse Sylla entend apporter une réponse concrète à la situation préoccupante de ces deux artistes. Une initiative qui traduit sa volonté de ne pas laisser dans l’oubli ceux qui ont contribué, par leur talent et leur créativité, à écrire l’histoire de la musique urbaine en Guinée.

La rencontre s’est tenue ce lundi 2 novembre 2026, à Conakry, en présence de Two Marley et Magica, accompagnés de Koumandjan Keïta et de la fille de Magica. Malick Kébé, directeur général du Fonds de développement des arts et de la culture (FODAC) et ancien producteur du groupe, a également pris part à cette audience.
Mifagueya, des pionniers du rap guinéen face à une situation préoccupante
Dans les années 2000, Mifagueya faisait partie des groupes qui ont contribué à donner ses lettres de noblesse au rap guinéen. À travers leurs productions musicales et leurs prestations scéniques, Two Marley et Magica ont marqué leur époque et conquis un public qui garde encore le souvenir de leur passage dans l’univers musical national.
Mais derrière ce parcours artistique se dessine aujourd’hui une réalité particulièrement difficile. Après plusieurs années loin des projecteurs, les deux artistes sont confrontés à de sérieux problèmes de santé et à des conditions de vie précaires. Une situation qui soulève la question du sort réservé aux pionniers de la culture, souvent célébrés pour leur contribution artistique, mais parfois oubliés lorsque les difficultés de la vie prennent le dessus.

Face à ce constat, le département de la Culture a décidé de prendre le dossier à bras-le-corps, avec pour priorité la préservation de la santé et de la dignité des deux artistes.
Une prise en charge sanitaire immédiate et des mesures concrètes
À l’issue de l’audience, plusieurs dispositions ont été annoncées pour assurer un accompagnement médical approprié aux membres de Mifagueya.
Dans un premier temps, des médecins guinéens seront mobilisés afin de procéder à des examens approfondis et d’établir un diagnostic précis de leur état de santé. En attendant la suite de la procédure, un appartement a été loué pour leur garantir un hébergement dans des conditions convenables.
Une évacuation sanitaire est également envisagée à court terme, afin de leur permettre de bénéficier de soins spécialisés adaptés à leurs besoins.
Le ministre a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux de ce dossier, en collaboration avec le FODAC, le Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA) et les proches des artistes.
« Nous devons tout faire pour que leur dignité ne soit pas touchée », a souligné Moussa Moïse Sylla, mettant ainsi l’accent sur la dimension humaine de cette démarche.
Un délai d’une semaine a été fixé pour finaliser le diagnostic médical et engager les démarches nécessaires à la prise en charge des deux artistes.
La reconnaissance des artistes au cœur de la politique culturelle.

Au-delà de l’assistance médicale annoncée, cette initiative met en lumière une dimension essentielle de la politique culturelle : la responsabilité collective envers les femmes et les hommes qui ont contribué à façonner l’identité artistique du pays.
Pour Moussa Moïse Sylla, la promotion de la culture ne saurait se limiter à l’organisation d’événements, à l’accompagnement des nouvelles créations ou à la valorisation des œuvres artistiques. Elle suppose également une attention particulière à la condition sociale et sanitaire des acteurs culturels, notamment ceux dont le parcours a contribué au rayonnement de la Guinée.
Le ministre a rappelé que cette démarche s’inscrit dans la vision Simandou 2040 du président de la République, Mamadi Doumbouya, qui place la culture parmi les secteurs prioritaires du développement national. Il a également précisé que les deux artistes bénéficient désormais, à l’instar de nombreux autres acteurs culturels, d’une police d’assurance maladie.
Moussa Moïse Sylla, un engagement qui s’étend à la protection des acteurs culturels.
En prenant des dispositions pour accompagner Two Marley et Magica, le ministre réaffirme son engagement en faveur de la protection des acteurs culturels et de la sauvegarde du patrimoine artistique national. Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de valorisation des métiers de la culture, mais aussi de reconnaissance du rôle des professionnels des médias, notamment à travers les initiatives en faveur de la protection des journalistes.

Les artistes occupent une place importante dans la construction de la mémoire collective et le rayonnement de la nation. Ils créent et transmettent les expressions culturelles.
L’attention accordée aujourd’hui aux membres de Mifagueya rappelle ainsi une évidence : les grandes figures de la culture ne doivent pas être abandonnées au crépuscule de leur carrière. Leur contribution mérite reconnaissance, respect et accompagnement.
En se portant au chevet de ces deux pionniers du rap guinéen, Moussa Moïse Sylla pose un acte de solidarité dont la portée dépasse le seul cadre de cette audience. Reste désormais à traduire les engagements annoncés en résultats concrets, afin que Two Marley et Magica puissent retrouver une meilleure santé et vivre dans des conditions conformes à leur dignité.
Car préserver la culture, c’est aussi prendre soin de celles et ceux qui l’ont construite.
Bouka Barry








