Dar-es-Salam : dans les larmes et le silence, la Guinée accompagne ses morts vers leur dernière demeure
Conakry a vécu, ce vendredi 4 septembre 2026, l’un de ces jours où les mots semblent impuissants face à l’ampleur de la douleur. Deux semaines...

Conakry a vécu, ce vendredi 4 septembre 2026, l’un de ces jours où les mots semblent impuissants face à l’ampleur de la douleur. Deux semaines après le tragique éboulement survenu le 22 août sur le site de la décharge d’ordures de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, la Guinée a accompagné les victimes jusqu’à leur dernière demeure. Dans une atmosphère lourde de chagrin, de prières et de recueillement, familles, autorités et citoyens se sont retrouvés pour rendre un ultime hommage à celles et ceux que la terre a brutalement emportés.
Ce vendredi, la douleur avait un visage, celui des familles venues dire adieu aux leurs. À la Mosquée Turque de Bambéto, les regards étaient empreints de tristesse et les cœurs lourdement éprouvés. Dans le silence des fidèles et les prières récitées pour les disparus, la Nation guinéenne s’est recueillie devant l’une des tragédies qui ont profondément marqué l’opinion ces dernières semaines.
La cérémonie funèbre s’est déroulée en présence du Premier ministre, Chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, représentant le Président de la République, Chef de l’État, Mamadi Doumbouya. À ses côtés se trouvaient les familles endeuillées, des autorités religieuses, des représentants du corps diplomatique ainsi que de nombreux citoyens venus partager la peine des proches des victimes.

Une Nation face à ses morts
Au nom du Chef de l’État et de l’ensemble du peuple guinéen, le Premier ministre a exprimé la compassion et la solidarité de la Nation aux familles frappées par cette tragédie.
Dans ce moment d’une rare gravité, l’État a tenu à s’incliner devant la mémoire des victimes et à rappeler son soutien aux familles désormais confrontées à l’irréparable.
Car derrière les chiffres et les bilans, il y a des vies brisées, des familles amputées et des proches contraints de faire leurs adieux dans des circonstances particulièrement douloureuses.
La cérémonie a ainsi constitué un moment de communion entre les pouvoirs publics et les familles, mais aussi entre l’ensemble des composantes de la société guinéenne.
Des prières pour ceux que la terre a emportés
Le temps fort de cette journée de deuil a été la prière du vendredi, suivie de la prière mortuaire consacrée aux victimes de l’éboulement.

Dans la mosquée, l’émotion était palpable. Les fidèles, les proches et les citoyens réunis ont élevé leurs prières pour le repos éternel des disparus.
Puis est venu le moment le plus difficile : celui de conduire les dépouilles vers leur dernière demeure.
À l’issue des prières, une importante foule a accompagné les cercueils jusqu’au cimetière de Bambéto. Dans le calme et le recueillement, les victimes ont été inhumées, sous les regards bouleversés de leurs familles et de ceux venus leur témoigner un dernier hommage.
Quand toute une nation partage la douleur
Au-delà du chagrin des familles, cette journée aura été marquée par une forte mobilisation de la communauté nationale.
La présence du Premier ministre, des responsables religieux, des représentants diplomatiques et de nombreux citoyens a traduit une volonté collective de ne pas laisser les familles endeuillées seules face à leur douleur.
Dans les moments de catastrophe, la solidarité devient parfois le dernier refuge de ceux auxquels le destin vient d’arracher un être cher. À Dar-es-Salam, elle s’est exprimée par les prières, la présence, le silence et l’accompagnement des victimes jusqu’au bout de leur dernier voyage.
Mais derrière cette cérémonie de recueillement demeure une question douloureuse : comment éviter qu’un tel drame ne se reproduise ?
L’hommage rendu aux victimes ne saurait effacer la tragédie. Il inscrit toutefois leur mémoire dans celle de la Nation et rappelle, avec une force particulière, la nécessité de tirer toutes les leçons de cet éboulement meurtrier.

Ce vendredi 4 septembre restera ainsi comme une journée de deuil et de communion nationale. Une journée durant laquelle la Guinée, dans le silence des prières et la douleur des familles, a accompagné ses morts vers leur dernière demeure.
À Dar-es-Salam, la terre a emporté des vies.
À Bambéto, une Nation est venue leur dire adieu.
Que Dieu accueille les disparus dans Sa miséricorde.
Que leurs familles trouvent la force de traverser cette terrible épreuve.
Et que la terre de Guinée leur soit légère.
Zeze Enema Guilavogui








