Conakry célèbre dix ans de littérature jeunesse : le SILJC ouvre une nouvelle page de son histoire le 4 novembre
Du 4 au 7 novembre 2026, la capitale guinéenne accueillera la 10ᵉ édition du Salon international du livre de jeunesse de Conakry (SILJC). Placée sous...

Du 4 au 7 novembre 2026, la capitale guinéenne accueillera la 10ᵉ édition du Salon international du livre de jeunesse de Conakry (SILJC). Placée sous le thème « Construire ensemble nos futures sociétés de lecture », cette édition anniversaire réunira plusieurs pays africains, dont le Sénégal, le Cameroun, le Bénin et le Burkina Faso, autour des enjeux liés à l’accès au livre, à l’éducation et à la promotion des langues nationales.
Les contours de cette édition anniversaire ont été dévoilés ce lundi 2 novembre, à l’occasion d’une conférence de presse animée par les organisateurs. Lancé en 2017, dans le sillage de Conakry, capitale mondiale du livre, le SILJC s’est progressivement imposé comme un rendez-vous consacré à la littérature destinée à la jeunesse dans l’espace francophone africain.
Revenant sur les circonstances qui ont présidé à la naissance de cet événement, Aliou Sow, directeur de la maison d’Edition Ganndal et délégué général a rappelé qu’il répondait à un déficit manifeste d’initiatives littéraires internationales spécifiquement orientées vers les pratiques et le plaisir de lire chez les jeunes.

« Nous fêtons cette année la dixième édition. Ce qui fait qu’il y a dix ans, en 2017, nous avions lancé la première édition de ce salon à l’occasion de Conakry, capitale mondiale du livre. Et nous l’avions fait sur la base du constat qu’il n’existait nulle part, ni en Guinée, ni dans les autres pays d’Afrique francophone, d’événements littéraires spécifiquement concentrés sur les intérêts de lecture de la jeunesse en termes de lecture plaisir et qui soit à dimension internationale. Donc ça c’est le premier constat. 10 ans c’est déjà un bon chemin parcouru derrière nous. »
Au-delà de la portée symbolique de cette dixième édition, les organisateurs entendent faire du Salon un cadre de réflexion et de propositions concrètes sur les politiques de lecture en Guinée. Le thème retenu s’inscrit ainsi dans une perspective nationale de développement, en établissant notamment un lien avec le programme Simandou 2040, dont les ambitions intègrent des enjeux majeurs en matière d’éducation et de culture.
Dans cette dynamique, un atelier consacré aux stratégies de lecture, baptisé « Atelier Simandou », est prévu. Il devra permettre aux professionnels du livre, aux acteurs des médias et aux responsables culturels de formuler des recommandations à l’intention des autorités, en vue d’améliorer l’accès des jeunes au livre et de consolider les pratiques de lecture.
Pour Aliou Sow, l’heure est précisément à la convergence des efforts entre les différents acteurs susceptibles de contribuer à cette ambition nationale. Il appelle à une mobilisation collective afin que les réflexions engagées débouchent sur des propositions susceptibles d’influencer les politiques publiques.

« La deuxième chose qu’il faut retenir, c’est que nous avons un thème qui est extrêmement fédérateur. Puisque la Guinée est en train de grandir et que nous avons l’immense projet Simandou qui est en train de se mettre en place et dont l’une des ramifications importantes va porter sur l’éducation et la culture.Il est temps que nous, les professionnels du livre, et vous aussi, les acteurs de la presse et de la promotion du livre et de la culture, qu’on se mette tous ensemble et qu’on réfléchisse pendant l’atelier que nous avons prévu, l’atelier Simandou sur les stratégies de lecture, pour dégager des recommandations que nous allons convoyer au haut lieu pour que nous puissions voir les solutions idéales en permettant un meilleur accès au livre et à la lecture à tous les jeunes de Guinée. »
Les langues nationales au cœur de la création littéraire
Autre axe majeur de cette édition : la promotion du bilinguisme et du plurilinguisme dans la production éditoriale destinée à la jeunesse. À travers la présentation de nouvelles publications intégrant plusieurs langues nationales, les organisateurs souhaitent contribuer à rapprocher le livre des réalités linguistiques et culturelles des jeunes lecteurs, tout en participant à la sauvegarde du patrimoine linguistique guinéen.
Parmi les ouvrages annoncés figure notamment L’Esprit du fleuve, qui sera proposé dans une version bilingue français-soussou, mais également dans une édition associant le français, le wolof et le pular. Un autre ouvrage quadrilingue, écrit par une autrice allemande, sera également présenté en français, en pular, en malinké et en soussou.
Pour Aliou Sow, cette orientation éditoriale traduit une volonté de donner aux langues nationales une place plus importante dans l’univers du livre et de faire de leur valorisation un véritable axe de développement de la littérature guinéenne.
« L’autre axe important que je voulais soutenir aussi, c’est que nous mettons en valeur cette année la notion de bilinguisme et que nous avons produit et que nous allons lancer des livres bi et plurilingues. Il y a un ouvrage, L’Esprit du fleuve, qui est en français et en soussou. Et le même livre est en français, en wolof et en pulard. Et nous avons un autre livre qui est quadrilingue, écrit par une femme allemande et traduit en français, en pulard, en malinké et en soussou. Donc, c’est important parce qu’il faut qu’on prouve que maintenant, nos livres aussi se préoccupent de cette dimension de valorisation et de préservation de nos langues nationales. »
La coopération éducative réaffirme son engagement
Partenaire du Salon depuis ses premières éditions, la coopération éducative entend, elle aussi, prendre une part active à cette célébration décennale. Présente aux côtés des Éditions Ganndal depuis le lancement de l’événement, elle réitère son accompagnement, particulièrement au regard de la thématique retenue cette année, qui place la lecture au cœur des enjeux d’apprentissage et de formation des enfants.
Majdah Rachiq, attachée de coopération éducative, a souligné la continuité de cet engagement, tout en mettant en avant le rôle fondamental de la lecture dans le processus de scolarisation et dans l’acquisition des compétences dès le plus jeune âge.

«Nous avons été présents dès les premiers jours auprès du Salon international du livre de jeunesse, donc auprès de notre cher Aliou Sow.Pour sa 10e édition, il nous fallait être finalement présents à ses côtés. A fortiori, compte tenu de la thématique qui est celle de cette année, puisque nous croyons fortement en la puissance, en fait, de la lecture pour l’entrée en scolarisation. »
Cet accompagnement ne se limite pas à une présence institutionnelle. Il se décline en plusieurs formes de soutien, notamment dans les domaines de la mobilité, de la logistique et de la communication. Une contribution qui vise à consolider l’organisation générale du Salon et à favoriser le bon déroulement de ses différentes activités.
La représentante de la coopération éducative a précisé les contours de cet appui, en insistant sur la diversité des interventions mobilisées aux côtés des organisateurs.
« Cette année, nous apportons notre soutien en matière de mobilité, en matière de logistique, en matière de communication. Donc nous sommes présents, je dirais, sur tout le continuum de l’organisation du salon qui est organisé fidèlement et professionnellement par les Éditions Ganndal, par notre cher Aliou Sow. »
Au-delà de cet appui matériel et organisationnel, l’ambition affichée est également de toucher un public aussi large que possible. Les organisateurs souhaitent notamment favoriser la participation des élèves, des enfants, des parents, des professionnels de l’éducation ainsi que des différents acteurs intervenant dans la chaîne du livre.

Pour Majdah Rachiq, les moyens mobilisés cette année devraient permettre de répondre aux ambitions particulières de cette édition anniversaire et d’élargir considérablement la portée de l’événement.
« Cette année, l’édition va être particulièrement réussie. Donc il y a pas mal de moyens qui ont été déployés pour pouvoir toucher toutes les cibles, tout le lectorat jeunesse, qu’il s’agisse d’élèves, d’enfants, de parents, de professionnels, en fait, des écoles. Les moyens déployés cette année sont particulièrement à la hauteur des enjeux que représente la 10e édition du Salon du livre de jeunesse. »
Dix ans après, une ambition : faire de la lecture un pilier de société
Durant quatre jours, Conakry sera ainsi le carrefour de rencontres, d’échanges et de réflexions consacrés à l’avenir du livre et de la littérature jeunesse. Avec la participation de plusieurs délégations étrangères, la mise en lumière des productions plurilingues et l’organisation d’un atelier dédié aux stratégies de lecture, cette dixième édition entend dépasser le cadre d’une simple célébration anniversaire.
Elle ambitionne surtout de contribuer à une réflexion de fond sur la place du livre dans le parcours éducatif des enfants et dans la construction de la société guinéenne de demain. Car, au-delà des rencontres littéraires et des expositions, l’enjeu demeure celui de l’accès durable des jeunes à la lecture, de l’émergence de nouveaux lecteurs et de la transmission d’un patrimoine culturel et linguistique vivant.
Dix ans après sa création, le SILJC entend ainsi réaffirmer une conviction essentielle : aucune ambition de développement durable ne saurait faire l’économie du savoir, de l’éducation et de la culture de la lecture.
Zézé Enèma Guilavogui








