Médias en Guinée : la HAC monte au front pour assainir le secteur et clarifier les règles
La Haute Autorité de la Communication (HAC) veut mettre un terme aux confusions et aux pratiques irrégulières qui entourent la création et l’exploitation des médias...

La Haute Autorité de la Communication (HAC) veut mettre un terme aux confusions et aux pratiques irrégulières qui entourent la création et l’exploitation des médias en Guinée. C’est dans ce cadre que le président de l’institution, Boubacar Yacine Diallo, a officiellement lancé ce lundi 05 octobre 2026 une campagne nationale de sensibilisation destinée aux professionnels des médias, aux autorités et à tous les acteurs concernés par l’écosystème de l’information. Au cœur de cette initiative : les conditions légales de création des médias, mais aussi la distinction entre Web TV et presse en ligne visuelle.
La cérémonie, organisée dans un réceptif hôtelier de la ville, a réuni plusieurs journalistes, responsables de médias et acteurs du secteur de l’information. Elle marque le début d’une opération qui doit progressivement s’étendre aux différentes préfectures du pays.
À travers cette campagne, la HAC entend mieux faire connaître aux professionnels de l’information, mais également aux autorités administratives, communales et religieuses, les règles qui encadrent la création et le fonctionnement des médias traditionnels et numériques.
La HAC veut corriger les confusions autour de la création des médias
L’initiative intervient dans un contexte marqué par la multiplication des plateformes numériques et l’émergence de nouvelles formes de médias. Pour la HAC, cette évolution s’accompagne toutefois de nombreuses incompréhensions, notamment autour de la notion de Web TV.
Lors des échanges avec les journalistes de Kindia, Boubacar Yacine Diallo a expliqué les raisons qui ont conduit l’institution à engager cette campagne nationale. Le président de la HAC dénonce notamment un certain désordre dans le processus de création des médias et annonce la mobilisation de l’ensemble des commissaires de l’institution sur le terrain.

« Mes collègues et moi avons constaté depuis quelques mois un vrai désordre qui s’est instauré, dans le cadre de la création des médias. Beaucoup de jeunes ont eu une mauvaise compréhension de la notion de Web TV, nous avons donc estimé nécessaire de déployer nos commissaires dans les 33 préfectures de la République de Guinée. Et bien sûr, ils vont aller dans les nouvelles préfectures fraîchement créées avec un double objectif. Le premier rencontrer les professionnels des médias y compris les patrons des médias existants et tous ceux qui désirent en créer, pour leur expliquer les conditions prévus par la loi en matière de création de médias. Deuxième objectif, rencontrer les autorités administratives. les autorités communales et toutes les autres, y compris les autorités religieuses, pour leur expliquer la dynamique d’assainissement des médias et solliciter leur concours chacun en ce qui les concerne pour nous appuyer pour éviter par exemple de recueillir les services de Web TV non autorisés ou de tout autre média non autorisé, de recourir au service des communicants à la place des professionnels. Donc voilà le double objectif de cette campagne de sensibilisation », a expliqué Boubacar Yacine Diallo.
L’opération ne se limitera pas à Kindia. La HAC prévoit de déployer ses commissaires dans les 33 préfectures du pays, y compris dans les nouvelles circonscriptions administratives récemment créées.
Sur le terrain, les représentants de l’institution devront échanger avec les responsables de médias, les journalistes et les personnes souhaitant se lancer dans le secteur afin de leur rappeler les procédures et obligations prévues par la législation guinéenne.
Mais la démarche vise également les autorités locales. La HAC souhaite obtenir leur collaboration dans le cadre de l’assainissement du paysage médiatique, notamment afin d’éviter que des structures ou plateformes opérant sans autorisation ne soient sollicitées par les administrations ou les collectivités.
L’institution souhaite également attirer l’attention des autorités sur la nécessité de privilégier les professionnels des médias lorsqu’il s’agit de prestations relevant du journalisme, plutôt que de confondre les métiers de la communication et de l’information.
Web TV et presse en ligne visuelle : la HAC veut clarifier les règles
Au-delà de la sensibilisation générale, l’un des principaux enjeux de la campagne réside dans la clarification des différentes catégories de médias numériques.
La multiplication des sites d’information, des plateformes audiovisuelles et des contenus diffusés sur Internet a en effet créé une certaine confusion autour du statut juridique de ces nouveaux médias. La HAC insiste notamment sur la distinction entre une Web TV et une presse en ligne à contenu visuel.

Boubacar Yacine Diallo rappelle que ces deux catégories ne relèvent pas du même régime. Il détaille les critères qui, selon lui, permettent de les distinguer et précise les démarches administratives qui leur sont applicables :
« Toutes les catégories sont concernées mais nous insistons sur deux notions : la notion de Web TV qui est une télévision normale qui émet exclusivement ou essentiellement par Internet. Et la presse en ligne visuel qui est une presse qui allient articles de presse, photographies et vidéos au besoin, donc cette différence doit être faite parce que beaucoup ont créé des sites, une presse en ligne visuelle et il considère que c’est une web TV, c’est totalement faux. La Web TV est une télévision qui a besoin d’une autorisation du ministère de la communication après avis de la HAC, et une presse en ligne visuelle. n’a besoin que de la déclaration chez le procureur comme la presse en ligne, comme la presse écrite », a-t-il déclaré.
La HAC mise sur la sensibilisation avant l’assainissement
À travers cette tournée nationale, la Haute Autorité de la Communication entend donc privilégier l’information et la pédagogie afin de permettre aux acteurs du secteur de mieux maîtriser le cadre juridique qui régit leurs activités.

Pour l’institution de régulation, l’objectif est également de favoriser un environnement médiatique davantage structuré, respectueux des règles et mieux adapté aux mutations technologiques.
Après Kindia, la campagne doit se poursuivre dans les autres préfectures du pays. Une démarche qui traduit la volonté de la HAC de renforcer sa présence au plus près des acteurs locaux et de faire de la connaissance des règles une étape préalable à l’assainissement du paysage médiatique guinéen.
De par cette initiative, l’autorité de régulation entend ainsi accompagner la professionnalisation du secteur tout en rappelant que l’essor du numérique ne dispense aucun acteur du respect des obligations légales qui encadrent l’exercice des activités médiatiques en Guinée.
Abdoulaye Bouka Barry








