« L’Afrique est notre famille, le monde est notre horizon » : Amadou Oury Bah dévoile le nouveau cap diplomatique de la Guinée
La Guinée entend désormais donner à son action extérieure une doctrine, une cohérence et surtout des résultats. C’est tout le sens du document de politique étrangère...

La Guinée entend désormais donner à son action extérieure une doctrine, une cohérence et surtout des résultats. C’est tout le sens du document de politique étrangère de la République de Guinée, officiellement lancé ce mercredi 9 septembre 2026, sous la présidence du Premier ministre, Chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah.
La cérémonie a réuni plusieurs anciens ministres des Affaires étrangères, des membres du Gouvernement, des diplomates accrédités en Guinée, des partenaires au développement, ainsi que les cadres et experts ayant participé à l’élaboration de ce document stratégique.
À cette occasion, le chef du Gouvernement a livré une déclaration qui résume, à elle seule, l’esprit de cette nouvelle orientation diplomatique : « Une nation qui se refonde doit parler au monde avec clarté. »
Pour le Premier ministre, cette nouvelle politique étrangère ne constitue pas une simple actualisation de l’action diplomatique du pays. Elle s’inscrit pleinement dans le vaste processus de refondation engagé sous l’impulsion du Président de la République, Mamadi Doumbouya, et entend en traduire les ambitions sur la scène internationale.
Amadou Oury Bah a ainsi rappelé que la transformation engagée par la Guinée dépasse largement le seul cadre institutionnel. Elle touche à l’ensemble des fondements de l’action publique et implique également une redéfinition de la manière dont le pays entend défendre ses intérêts et construire ses partenariats à l’extérieur.
« La transformation concerne aussi bien les institutions que l’économie, l’administration, la gouvernance publique et la place du citoyen dans l’État, mais également la manière dont la Guinée entend désormais se positionner sur la scène internationale. »
Une diplomatie fondée sur la clarté des intérêts et la défense de la souveraineté
Dans un monde marqué par de profondes recompositions géopolitiques et économiques, le Premier ministre estime que la Guinée ne peut plus se contenter d’une diplomatie de représentation. Il plaide pour une politique étrangère assumée, structurée autour des intérêts stratégiques du pays et portée par une vision nationale clairement définie.
C’est dans cette perspective qu’il a exposé les principaux fondements de la nouvelle doctrine diplomatique guinéenne, tout en rappelant la portée historique du choix d’indépendance opéré en 1958.
« Une nation qui se refonde doit parler au monde avec clarté. Elle doit connaître ses intérêts, assumer ses choix, défendre sa souveraineté, honorer ses engagements et organiser ses partenariats autour d’une vision nationale. C’est précisément le rôle de cette politique étrangère. Le monde traverse une période de recomposition.
Les rapports de puissance durcissent, les ressources naturelles, les routes commerciales, l’énergie, les technologies, les données et les chaînes de valeur sont devenues des espaces de compétition.Dans ce contexte, la Guinée doit avancer avec lucidité, constance et ambition.Notre pays porte une histoire qui l’oblige.
Depuis le choix fondateur de 1958, la Guinée a toujours lié sa dignité et sa liberté. Aujourd’hui, cette exigence historique trouve une formulation nouvelle dans la doctrine portée par le président de la République, celle de la neutralité stratégique. La politique étrangère que nous lançons aujourd’hui traduit cette vision en orientation d’action. Elle donne à notre diplomatie une mission qui est celle de défendre la souveraineté de l’État.Renforcer l’influence de la Guinée, promouvoir la paix et l’intégration africaine, protéger nos compatriotes établis à l’étranger et contribuer directement à la transformation économique du pays.Notre diplomatie doit devenir une diplomatie de résultats.Chaque ambassade doit être une plateforme d’influence, de négociation, renégociation, de mobilisation économique et de rayonnement national », a-t-il déclaré.
Faire de la diplomatie un levier de transformation économique
Au-delà des considérations géopolitiques, la nouvelle politique étrangère se veut également au service de la transformation économique de la Guinée. Pour Amadou Oury Bah, l’action diplomatique doit désormais contribuer de manière plus directe à la réalisation des ambitions économiques du pays.
Le Premier ministre a notamment insisté sur la volonté du Président de la République de faire des importantes ressources naturelles dont dispose la Guinée un véritable moteur de développement, capable de générer davantage de valeur ajoutée et de retombées pour la population.
Il s’agit, selon lui, de transformer ces ressources en puissance productive, en compétences nationales, en infrastructures durables et en prospérité partagée, faisant ainsi de la diplomatie un instrument au service des priorités économiques et stratégiques de l’État.
« L’Afrique est notre famille, le monde est notre horizon »
Sur la vocation africaine de la Guinée, le chef du Gouvernement a affiché une position sans ambiguïté. La nouvelle doctrine diplomatique entend conforter l’ancrage du pays sur le continent tout en privilégiant une approche fondée sur la responsabilité, le voisinage et la coopération.
Le Premier ministre a ainsi défendu un panafricanisme articulé autour des impératifs de sécurité, d’intégration économique, de coopération énergétique et de stabilité régionale.
« La Guinée demeure fidèle à sa vocation africaine. Notre politique étrangère portera un panafricanisme de responsabilité fondé sur le bon voisinage, la sécurité partagée, les corridors économiques, la coopération énergétique, la gestion concertée des frontières et la stabilité de l’Afrique de l’Ouest. Notre pays parlera avec ses voisins, travaillera avec les institutions régionales et continentales et contribuera partout où cela sera utile à la paix, au dialogue et à l’intégration africaine. L’Afrique est notre famille, le monde est notre horizon. Cette politique étrangère devra également placer les Guinéennes et les Guinéens établis à l’étranger, au cœur de l’action publique. Ils portent notre pays par leur travail, leur intelligence, leur créativité et leur attachement à la patrie. Leurs missions diplomatiques et consulaires devront mieux les servir, mieux les protéger et mieux les associer à l’effort national », explique-t-il.
La diaspora guinéenne au cœur de l’action diplomatique
Autre priorité mise en avant par Amadou Oury Bah : la place des Guinéennes et des Guinéens établis à l’étranger. Le Gouvernement entend renforcer l’attention portée à cette communauté, considérée comme un acteur à part entière du rayonnement et du développement du pays.
Dans cette nouvelle approche, les représentations diplomatiques et consulaires devront non seulement assurer leur mission traditionnelle de représentation de l’État, mais également mieux protéger les ressortissants guinéens, répondre à leurs besoins et favoriser leur contribution à l’effort national.
Passer de la doctrine à l’action
Au terme de son intervention, le Premier ministre a appelé le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger à franchir rapidement l’étape de la mise en œuvre.
Il lui a demandé de traduire la nouvelle politique étrangère en un plan d’action opérationnel, assorti de priorités clairement définies, de responsabilités précises, d’indicateurs de performance et d’un mécanisme régulier de suivi.
Amadou Oury Bah a également invité l’ensemble des départements ministériels à inscrire leurs actions internationales dans ce cadre commun, afin d’assurer davantage de cohérence et d’efficacité à l’action extérieure de l’État.
Car, au-delà des principes et des ambitions, le message du chef du Gouvernement est clair : la Guinée doit désormais parler d’une voix cohérente, défendre ses intérêts avec constance et négocier avec méthode.
Avec cette nouvelle politique étrangère, Conakry veut ainsi faire le pari d’une diplomatie de souveraineté, d’influence et de résultats, au service d’une Guinée en pleine refondation et déterminée à redéfinir sa place dans le concert des nations.
Zeze Enema Guilavogui








