Plastiques à usage unique : à l’approche du 20 septembre, l’UPEMGUI appelle les producteurs d’eau en sachet à se conformer au décret
À seize jours de l’échéance fixée par les autorités guinéennes, l’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée (UPEMGUI) veut éviter une nouvelle zone de turbulences....

À seize jours de l’échéance fixée par les autorités guinéennes, l’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée (UPEMGUI) veut éviter une nouvelle zone de turbulences. Réunie ce vendredi 4 septembre 2026 à Conakry pour une conférence de presse, l’organisation a réaffirmé son adhésion au principe d’interdiction des emballages plastiques à usage unique, tout en plaidant pour une transition qui préserve les emplois, les investissements et les équilibres sociaux.
Le compte à rebours est désormais lancé. À compter du 20 septembre 2026, l’interdiction des emballages plastiques à usage unique doit entrer en vigueur sur l’ensemble du territoire national. Une échéance qui place les producteurs d’eau conditionnée en sachet face à une obligation d’adaptation, mais qui ravive également les préoccupations d’un secteur confronté depuis plusieurs mois à une situation particulièrement délicate.
C’est dans ce contexte que l’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée (UPEMGUI) a pris la parole ce vendredi à Conakry. À travers son président, Souleymane Fofana, l’organisation a voulu clarifier sa position : elle ne conteste pas le bien-fondé de la mesure environnementale, mais souhaite que sa mise en œuvre s’inscrive dans une démarche concertée et économiquement soutenable.
« Nous ne sommes pas contre le décret »
D’emblée, le président de l’UPEMGUI a tenu à lever toute ambiguïté sur la position de son organisation. Pour lui, l’interdiction des plastiques à usage unique constitue une nécessité face à l’ampleur de la pollution qui affecte le pays.
« Je tiens à être clair : nous ne sommes pas contre le décret d’interdiction qui vise d’ailleurs à protéger l’environnement. Bien au contraire. Nous voyons chaque jour les dégâts des déchets plastiques dans nos cours d’eau, nos canalisations et notre cadre de vie », a affirmé Souleymane Fofana.
L’organisation dit ainsi partager l’objectif environnemental poursuivi par les autorités et se déclare disposée à accompagner la transition engagée.

À ce titre, l’UPEMGUI a adressé ses félicitations au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, ainsi qu’à son Gouvernement, pour les orientations prises en matière de transformation économique et de développement durable, notamment dans le cadre du Programme Simandou 2040.
« C’est pourquoi nous adressons nos chaleureuses félicitations à Son Excellence le Président de la République, le Général Mamadi DOUMBOUYA, ainsi qu’à l’ensemble de son Gouvernement, pour leur vision et leur engagement en faveur de la transformation de notre pays à travers le Programme Simandou 2040 », a déclaré le président de l’Union.
Un secteur qui dit avoir traversé une année difficile
Derrière cette volonté d’accompagner la décision gouvernementale, l’UPEMGUI rappelle toutefois les difficultés auxquelles les producteurs ont été confrontés au cours des derniers mois.
Selon Souleymane Fofana, les acteurs du secteur évoluent depuis près d’un an dans un environnement marqué par l’incertitude et les démarches de régularisation.
« Depuis un (1) an maintenant, nous sommes dans une situation difficile qui n’a pas encore connu sa fin. Malgré tout, vous avez fait preuve de sagesse en restant sereins et en respectant les procédures de régularisation », a-t-il souligné.
Le président de l’UPEMGUI affirme que le bureau de l’organisation a multiplié les démarches auprès des autorités afin de parvenir à une issue favorable.
« Le bureau s’est battu par tous les moyens afin de trouver une sortie de crise. En continuant ce combat, soyez rassurés que le bureau ne ménagera aucun effort pour avoir gain de cause », a-t-il assuré.
Mais l’échéance du 20 septembre change désormais la donne. Pour les producteurs encore actifs dans le conditionnement de l’eau en sachet, elle marque une étape décisive.
« D’ici là, dans exactement seize (16) jours, soit le 20 septembre 2026, nous nous retrouverons dans une situation aussi compliquée que par le passé. La question de l’interdiction des plastiques à usage unique est aujourd’hui un enjeu majeur pour la Guinée, sur les plans environnemental, économique et social », a averti Souleymane Fofana.
Du déchet plastique à la matière première
Au-delà de l’interdiction, l’UPEMGUI souhaite surtout que la question du plastique soit abordée sous l’angle de la valorisation économique.
L’organisation défend ainsi le développement d’une véritable économie circulaire, dans laquelle le déchet plastique ne serait plus considéré uniquement comme une nuisance environnementale, mais comme une matière première susceptible de générer de nouvelles activités et des emplois.

Sa proposition repose sur trois axes.
Le premier consiste à donner une valeur économique aux déchets plastiques, en leur attribuant notamment un prix d’achat suffisamment attractif pour alimenter les unités de transformation.
Le deuxième vise à considérer le plastique comme une matière première à part entière, susceptible de favoriser l’émergence de nouvelles activités économiques et la création d’emplois.
Enfin, l’UPEMGUI préconise la mise en place progressive de petites et moyennes entreprises spécialisées dans la collecte, le tri et la transformation des déchets plastiques.
Une stratégie qui pourrait, selon l’organisation, contribuer à faire du recyclage un secteur générateur de revenus et d’emplois, particulièrement pour les jeunes et les femmes.
Collecte, tri, transformation : les PME appelées à jouer un rôle central
Dans cette perspective, l’UPEMGUI entend travailler avec les entreprises déjà engagées dans la filière, mais également avec celles qui souhaitent s’y investir.
« Nous entendons travailler main dans la main avec celles déjà engagées ou prêtes à s’engager dans la chaîne de valeur du plastique : collecteurs, trieuses, unités de broyage, de lavage et de transformation », a expliqué Souleymane Fofana.
Pour l’Union, ces différents maillons peuvent devenir de véritables piliers de l’économie circulaire en Guinée. Leur développement permettrait simultanément de réduire la pollution, de créer des emplois et de favoriser la production de valeur ajoutée sur le territoire national.
« Ainsi, nous transformons un défi environnemental en opportunité économique pour la Guinée. Nous ne sommes pas dans une logique de confrontation, mais de partenariat avec l’Etat. Nous voulons une Guinée plus propre, mais aussi une transition qui protège les emplois, les investissements et les familles qui vivent de cette activité », a insisté le président de l’UPEMGUI.
Le rappel ferme aux producteurs d’eau en sachet
Mais au-delà du plaidoyer et des propositions, l’UPEMGUI a surtout adressé un message sans équivoque aux producteurs d’eaux minérales conditionnées en sachet.
L’organisation les invite à prendre toutes les dispositions nécessaires pour se conformer à la nouvelle réglementation avant le 20 septembre.
« Dans le cadre du respect de l’autorité de l’Etat et pour donner une force au bureau afin d’atteindre l’objectif, nous demandons à l’ensemble des producteurs d’eaux minérales en sachet d’écouler les stocks de plastiques avant le 20 septembre 2026 et d’arrêter toute production et commercialisation des eaux en sachet sur toute l’étendue du territoire national à partir de cette date jusqu’à nouvel ordre », a déclaré Souleymane Fofana.
L’appel est donc lancé : écouler les stocks existants avant la date butoir, puis suspendre la production et la commercialisation de l’eau en sachet à compter du 20 septembre.
À travers cette position, l’UPEMGUI entend afficher une double responsabilité : respecter la décision de l’État tout en continuant à défendre les intérêts économiques et sociaux des acteurs de la filière.
À seize jours de l’entrée en vigueur de l’interdiction, le message de l’Union se veut ainsi à la fois un appel à la conformité et une invitation au dialogue. Pour les producteurs, le défi est désormais de réussir cette transition sans rupture brutale, tandis que pour les autorités, l’enjeu sera de faire respecter la mesure tout en favorisant l’émergence d’alternatives économiques crédibles autour de la collecte et de la valorisation des déchets plastiques.
Zeze Enema Guilavogui








