CEDEAO : « L’écrasante majorité des fondateurs de cette organisation était issue de l’armée », rappelle le président Mamadi Doumbouya
Le président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya, a profité de la tribune de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État...

Le président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya, a profité de la tribune de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO pour défendre la place des militaires dans l’histoire et la gouvernance de l’organisation sous-régionale. Dans une allocution prononcée ce dimanche 19 juillet 2026 au Julius Maada Bio International Conference Centre de Lungi, en Sierra Leone, le chef de l’État a rappelé que la création de la CEDEAO, en 1975, est l’œuvre de dirigeants parmi lesquels les militaires étaient largement majoritaires, estimant que cette réalité historique ne saurait être occultée dans les débats actuels.
Dans une allocution lue devant ses homologues ouest-africains, le chef de l’État guinéen a tenu à répondre aux critiques récurrentes visant certains dirigeants issus des forces armées. Il a rappelé que l’histoire même de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) témoigne de l’implication déterminante des militaires dans la naissance et le développement de l’institution.
« Le 28 mai 1975, à Lagos, ils étaient quinze pères fondateurs à créer notre communauté qui, depuis plus d’un demi-siècle, nous réunit. Quinze pères fondateurs, parmi lesquels dix militaires et cinq civils. Donc, l’écrasante majorité des fondateurs était issue de l’armée. Leur attachement à la paix et à l’unité n’a jamais été démenti. Les militaires sont une partie de nous. Ils ont consenti le sacrifice de leur vie pour préserver notre paix commune. Leur uniforme ne saurait donc constituer leur exclusion de la vie et de la gestion de notre communauté. Ils ne sont ni plus ni moins que des enfants du peuple. Et notre Afrique, dans cette conception, ne constitue pas une exception », a déclaré le président Mamadi Doumbouya.
À travers cette mise au point, le président guinéen a voulu replacer le débat dans une perspective historique, estimant que l’appartenance à l’institution militaire ne saurait, à elle seule, remettre en cause la légitimité d’un dirigeant à contribuer à l’intégration régionale et à la gouvernance des États.
Pour Mamadi Doumbouya, l’histoire de la CEDEAO démontre que les militaires ont joué un rôle majeur dans l’édification de l’organisation et dans la préservation de la stabilité sous-régionale. Selon lui, leur engagement en faveur de la paix, de l’unité et de la coopération entre les peuples d’Afrique de l’Ouest constitue une réalité historique qu’il convient de reconnaître, au-delà des considérations politiques du moment.
Bouka Barry








