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« On n’a pas été injustes » : la DGE se défend après la polémique autour de l’absence du FRONDEG sur certains bulletins

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À moins d’une semaine  du triple scrutin du 31 mai, la polémique autour de l’absence du FRONDEG sur certains spécimens de bulletins de vote continue d’alimenter les débats politiques et électoraux. Interpellée sur cette situation lors d’une conférence de presse tenue ce samedi 24 mai 2026 , la directrice générale des élections, Djenabou Touré, a tenu à apporter des clarifications détaillées sur le traitement réservé au parti d’Abdoulaye Yero Baldé dans le processus électoral.

Face aux accusations d’exclusion ou d’injustice, la patronne de la DGE a rejeté toute idée d’irrégularité volontaire, soutenant que son institution s’est conformée aux décisions judiciaires ainsi qu’aux contraintes administratives imposées par le calendrier électoral.

« FRONDEG est candidat aux scrutins plurinominal et uninominal. Partout où il est allé en justice, il a gagné. Il est là. Sur la liste nationale, c’est FRONDEG qui a écrit pour annoncer son retrait au moment de la clôture des listes. Les listes étaient déjà validées par la Cour suprême », a expliqué Djenabou Touré.

Selon elle, plusieurs recours introduits par le parti ont abouti favorablement devant les juridictions compétentes, permettant ainsi son rétablissement dans certaines circonscriptions stratégiques.

« La Cour suprême lui a notifié et a fait injonction à la DGE de rétablir sa candidature à Ratoma et aux États-Unis, parce que ce sont ces deux dossiers qui ont été portés devant la Cour suprême », a-t-elle précisé.

La directrice générale des élections a également révélé que le FRONDEG avait été réintégré dans plusieurs communes, parfois malgré des insuffisances relevées dans les dossiers de candidature.

« À l’exception de Koubia et Sonfonia, tout le reste a été rétabli par le tribunal. Même parfois, injustement. Allez prendre la liste du FRONDEG à Gbessia, elle ne comporte pas 45 conseillers. C’est pour cette raison qu’elle avait été rejetée. Elle compte moins de 45 candidats. Mais la justice l’a rétablie », a déclaré Djenabou Touré.

Au cœur de cette affaire figure également la question du retrait puis du retour du parti dans le processus électoral. Un scénario que la DGE qualifie d’inhabituel et non prévu par les textes en vigueur.

« Ce sont les candidats du FRONDEG qui ont écrit à la DGE pour dire : “Nous n’avons pas été consultés sur cette décision. Nous voulons continuer dans le processus.” Il n’existe aucune disposition dans le Code qui prévoit une telle situation. Vous vous retirez, puis vous revenez. Il n’y a aucune disposition qui encadre cela », a-t-elle indiqué.

Confrontée à ce vide juridique, la DGE affirme avoir saisi la Cour suprême pour obtenir un avis consultatif. Une démarche qui aurait permis de maintenir certains candidats du FRONDEG dans la compétition électorale.

« Son avis a été de laisser les candidats continuer. Donc, c’est en fonction de ceux qui ont écrit. Aujourd’hui, ils sont candidats. Ils ont leurs photos sur les bulletins de vote et sont en train de battre campagne », a ajouté la directrice générale des élections.

Cependant, Djenabou Touré soutient que le retour tardif du parti n’a pas permis une réintégration complète sur tous les supports électoraux déjà validés et imprimés.

« Mais après, FRONDEG a indiqué qu’il revenait dans le processus. Seulement, c’était trop tard. Si vous revenez au moment où nous sommes en train d’imprimer les bulletins ou après que votre tête de liste a été retirée, nous ne pouvons plus vous réintégrer sur les documents déjà finalisés », a-t-elle soutenu.

Dans un contexte politique marqué par de fortes tensions autour de l’organisation du scrutin, la responsable de la DGE a finalement défendu la cohérence des décisions prises par son institution, tout en reconnaissant les limites inhérentes à tout processus électoral.

« Nous sommes cohérents dans ce que nous faisons. Ici, nous ne disons pas que tout ce que nous faisons est parfait. Le travail humain comporte toujours des erreurs et il y a toujours des choses à améliorer. Mais nous faisons en sorte de respecter les décisions de justice et le cadre légal », a conclu Djenabou Touré.

À travers cette sortie médiatique, la DGE désamorce une controverse susceptible d’alimenter davantage les crispations à l’approche d’un scrutin décisif pour l’avenir politique du pays.

Bouka Barry

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