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Guinée

Syli National en exil : la colère froide de Paulo Duarte face à l’urgence des infrastructures

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Le nul concédé (2-2) face au Togo, loin des bases, a ravivé une plaie ouverte du football guinéen : l’incapacité chronique du Syli National à évoluer sur ses propres installations. À l’issue de la rencontre disputée à Rabat, le sélectionneur portugais Paulo Duarte est monté au créneau avec une fermeté inhabituelle, dénonçant une situation qu’il juge désormais intenable.

Depuis près de quatre ans, la sélection guinéenne est contrainte à un exil sportif qui ne dit pas son nom, faute d’infrastructures homologuées. Une anomalie persistante qui fragilise non seulement les performances de l’équipe, mais aussi le lien vital entre les joueurs et leur public. Face à ce constat, Duarte n’a pas mâché ses mots : « Nous avons besoin de jouer chez nous, le public a besoin de regarder nos matchs en Guinée […] Je demande aux autorités d’accélérer les procédures et de nous aider, nous voulons jouer en Guinée ».

Au-delà du simple déficit logistique, c’est toute la dimension psychologique et stratégique du football qui est ici mise à mal. Le technicien insiste sur l’importance du facteur domicile, véritable levier de performance dans les compétitions internationales : « Certes nous avons de bonnes infrastructures ici au Maroc, mais on n’a pas de public […], les joueurs ont besoin de sentir le public, l’arbitre et les adversaires doivent sentir le pressing. Si nous continuons à faire du Maroc notre maison, tous nos adversaires seront confortables durant nos matchs ».

Un cri d’alerte qui intervient à un moment charnière, à l’approche des éliminatoires de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations. Pour Duarte, l’équation est simple : sans retour à domicile, les ambitions guinéennes risquent de se heurter à une réalité implacable.
« Nos matchs de qualification pour la prochaine CAN doivent se jouer en Guinée, pas au Maroc […] Si nous ne jouons pas à domicile, ça va être difficile pour nous », a-t-il prévenu.

Le rappel est cinglant : la dernière apparition du Syli National à Conakry remonte à juin 2022, lors des éliminatoires de la CAN 2023. Ce jour-là, au stade Général Lansana Conté, la Guinée s’était imposée face au Malawi grâce à une réalisation de Naby Keïta.

Depuis, silence radio dans les gradins guinéens. Et pendant que les supporters sont condamnés à suivre leur équipe à distance, le Syli, lui, continue d’évoluer en terrain neutre — une situation qui, à terme, pourrait coûter cher à toute une nation passionnée de football.

Abdoulaye Bouka Barry

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