À Conakry, dans plusieurs quartiers de la capitale guinéenne, la multiplication rapide des boutiques de proximité suscite une inquiétude croissante chez les commerçants. L’atmosphère est de plus en plus tendue : les boutiquiers dénoncent une concurrence qu’ils jugent désormais étouffante, fragilisant leurs activités et leurs revenus.
Dans certaines zones, des rangées entières de boutiques se succèdent, proposant quasiment les mêmes produits. Une situation qui, loin de stimuler le commerce local, semble accentuer les difficultés économiques des petits commerçants.
« Aujourd’hui, le commerce est devenu très difficile », confie Diallo Abdoulaye, boutiquier à Lambandji.
Selon lui, cette réalité s’explique en grande partie par l’arrivée massive de nouveaux acteurs dans le secteur, souvent sans préparation ni encadrement. « Celui qui était hier consommateur devient du jour au lendemain un concurrent direct. Dans ce cas, qui va acheter chez l’autre si nous sommes tous commerçants ? », s’interroge-t-il.
Confrontés à une baisse significative de la clientèle et à un marché de plus en plus saturé, de nombreux boutiquiers estiment que leur survie économique est menacée. Les charges quotidiennes restent élevées, tandis que les ventes s’amenuisent, faute d’un nombre suffisant d’acheteurs.
Face à cette situation préoccupante, Abdoulaye Diallo lance un appel pressant aux autorités compétentes.
« J’invite le ministère du Commerce à se pencher sur la question afin d’identifier des solutions durables. Il n’y a plus d’acheteurs. Les personnes qui souhaitent se lancer dans le commerce devraient envisager d’autres activités pour ne pas saturer davantage ce secteur », plaide-t-il.
Cette problématique relance ainsi le débat sur la régulation du petit commerce urbain, la diversification des activités génératrices de revenus et l’accompagnement des acteurs économiques. Autant de défis auxquels les autorités sont appelées à répondre pour préserver l’équilibre du tissu commercial et la stabilité sociale dans la capitale.
Foulématou Kaba

