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Guinée

Prix littéraire des lycéens de Guinée : Ibrahima Sorel Sidibé couronné, la jeunesse guinéenne célèbre le triomphedu livre

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La deuxième édition du Prix littéraire des lycéens de Guinée a livré son verdict ce vendredi 8 mai 2026 à Conakry, consacrant l’écrivain Ibrahima Sorel Sidibé pour son roman La tragédie des jumelles. Organisée par la Direction générale des Centres de Lecture Publique et d’Animation Culturelle (CELPAC), la cérémonie a réuni autorités culturelles, écrivains, éditeurs, élèves et passionnés de littérature autour d’un même idéal : redonner au livre toute sa place dans la société guinéenne.

Grâce à cette distinction, l’auteur repart avec une enveloppe de 20 millions de francs guinéens, au terme d’un concours qui, au fil des éditions, s’impose comme l’un des rendez-vous majeurs de la promotion littéraire en Guinée.

Représentant le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, le chef de cabinet du département, Eldji Baba Thiam, a salué le travail des organisateurs, notamment celui du Directeur général du CELPAC, Bernard Pévé Béavogui et de son équipe.

Dans son allocution, il a souligné la portée éducative et citoyenne de cette initiative.

« Ce prix est bien plus qu’une distinction. C’est une invitation à lire, à écrire, à réfléchir, à développer l’esprit critique et à transmettre le goût du savoir à notre jeunesse. Pendant plusieurs mois, des centaines d’élèves ont lu, débattu et choisi librement une œuvre. À travers cet exercice, vous avez démontré que la lecture reste un puissant outil de formation intellectuelle et d’intégration citoyenne », a-t-il déclaré.

Poursuivant, le représentant du ministre a inscrit cette initiative dans la vision des autorités guinéennes, notamment celle du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya.

« Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du chef de l’État, qui place la culture et le capital humain au cœur du programme Simandou 2040, notamment à travers son deuxième pilier. C’est un investissement stratégique pour l’avenir de notre nation », a-t-il affirmé.

Face aux mutations numériques et à l’omniprésence des écrans, Eldji Baba Thiam a également lancé un appel fort en faveur de la lecture.

« Le chef de l’État a encouragé les écrivains, éditeurs et acteurs culturels à poursuivre ce combat. Il sait qu’au XXIe siècle, donner envie aux jeunes de lire est un véritable défi face à l’omniprésence des écrans et des téléphones. Je vous encourage à vous battre pour que le livre gagne devant l’écran », a-t-il transmis.

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De son côté, le Directeur général du CELPAC, Bernard Pévé Béavogui, a décrit cette cérémonie comme un moment symbolique, marqué par la rencontre entre la jeunesse et la littérature.

« Aujourd’hui n’est pas seulement une cérémonie. C’est une rencontre entre des rêves et des mots, un dialogue entre des plumes et des cœurs. En vous regardant, chers élèves, je vois une génération qui lit, qui ressent, qui pense et qui sait désormais choisir, et bien choisir. Cela est profondément émouvant », a-t-il indiqué.

Le patron du CELPAC a également insisté sur la dimension singulière du Prix littéraire des lycéens de Guinée.

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« Le Prix littéraire des lycéens de Guinée n’est pas un simple trophée accordé à un auteur. C’est votre voix : une voix jeune, sincère et libre, qui ose dire : “Ce livre m’a touché, ce livre m’a transformé.” Aujourd’hui, vous avez donné vie aux livres. Car quelle vie a un livre s’il n’est pas lu ? Aucune. À travers vos lectures, vous offrez aux écrivains une place dans votre imaginaire, dans votre mémoire et dans votre avenir », a-t-il soutenu.

Bernard Pévé Béavogui a par ailleurs mis en avant les retombées économiques et pédagogiques de cette initiative sur la chaîne du livre en Guinée.

« Plus de cent millions de francs guinéens ont été consacrés à l’achat et à la distribution de 1 264 ouvrages. Le projet stimule directement les secteurs de l’édition, de l’impression et de la librairie », a-t-il expliqué.

Selon lui, le prix de 20 millions GNF attribué au lauréat constitue une reconnaissance concrète du travail des auteurs guinéens.

« Cette récompense équivaut à des droits d’auteur générés par la vente de plus de 1 300 exemplaires d’un ouvrage vendu à 150 000 francs guinéens, un niveau rarement atteint par un écrivain guinéen, même après plusieurs années de carrière », a-t-il précisé.

Le DG du CELPAC a également souligné la portée éducative du concours, qui a mobilisé 254 élèves-jurés à travers près de 100 réunions de lecture organisées entre novembre et avril, ainsi que 13 présentations publiques ayant touché indirectement près de 5 000 lycéens.

Lauréat de cette deuxième édition grâce à son roman La tragédie des jumelles, Ibrahima Sorel Sidibé, intervenu par visioconférence, n’a pas caché son émotion après son sacre.

« Je suis très heureux de remporter ce Prix littéraire des lycéens de Guinée. Mais ce n’est pas parce que j’ai été primé que je suis le meilleur », a-t-il déclaré avec humilité.

À travers cette initiative devenue incontournable, le CELPAC confirme sa volonté de faire de la lecture un levier de formation citoyenne et de promotion de l’excellence littéraire. Une ambition qui contribue progressivement à installer le livre au cœur des politiques culturelles et éducatives en Guinée.

Zézé Enèma Guilavogui

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