À Lambandji, en haute banlieue de Conakry, la filière artisanale des jus naturels vacille sous le choc d’une flambée spectaculaire du prix du gingembre, ingrédient central de nombreuses préparations locales. En première ligne, les vendeuses dénoncent une hausse brutale qui fragilise leur activité, déjà précaire.
Mariame Soumah, spécialisée dans la vente de jus de bissap et de gingembre, rencontrée par un de nos reporters dans la matinée de ce lundi 23 mars 2026 décrit une situation devenue critique.

« Nous sommes passées de 25 000 à 80 000 francs guinéens pour le gingembre. Une telle augmentation, nous n’en avons jamais connue. urvenue en pleine période de Ramadan, cette envolée des prix a durement affecté la production, contraignant certaines commerçantes à réduire, voire suspendre, leurs activités. », a-t-elle déploré.
Très prisé pour ses vertus rafraîchissantes et thérapeutiques, le jus de gingembre communément appelé « gnamankoudji » est désormais écoulé sans marge réelle.
« Nous continuons uniquement pour ne pas perdre notre clientèle. Sinon, il n’y a pratiquement plus de bénéfice », confie la vendeuse, visiblement éprouvée.
Face à la raréfaction du produit dans les marchés de proximité, plusieurs commerçantes se tournent désormais vers le grand marché de Madina, où les prix oscillent entre 55 000 et 60 000 francs guinéens. Un recours qui implique des coûts logistiques supplémentaires et accentue la pression sur des revenus déjà fragilisés.
Cette situation alimente l’incompréhension dans les rangs des actrices du secteur informel. Produit localement en Guinée, le gingembre connaît pourtant une hausse jugée inexplicable.
« C’est préoccupant. Le gingembre est cultivé ici, alors comment expliquer une augmentation aussi soudaine et aussi forte ? », s’interroge Mariame Soumah.

À travers ce cri d’alarme, les vendeuses interpellent les pouvoirs publics, appelant le ministère du Commerce à prendre des mesures urgentes pour encadrer les prix et soutenir les petites activités génératrices de revenus.
Dans l’attente d’une réaction officielle, ces entrepreneures du quotidien s’efforcent de maintenir leur clientèle, au prix d’une rentabilité quasi nulle, dans un contexte où la survie économique devient un défi permanent.
Foulematou Kaba

