Le gouvernement guinéen assume pleinement sa ligne dans le processus de refondation politique en cours. Ce lundi 9 mars, au ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, le chef de la diplomatie guinéenne, Morissanda Kouyaté, a réuni les ambassadeurs et représentants diplomatiques accrédités en Guinée pour un échange direct autour de l’actualité politique nationale.
Au cœur des discussions : la question sensible de la dissolution de certains partis politiques, une mesure qui alimente depuis plusieurs jours le débat sur la scène politique nationale. Face au corps diplomatique, le ministre a tenu à clarifier la position de l’État guinéen et à lever toute ambiguïté sur les motivations de cette décision.
« Il s’agit d’une décision impersonnelle et strictement fondée sur le respect de nos lois et règlements, répondant également aux attentes exprimées par nos populations et nos concitoyens lors des larges consultations populaires organisées à travers le pays dans le cadre de l’élaboration de la Constitution de la 5e République. Cette décision souveraine relève exclusivement de l’exercice normal de l’autorité de l’État », a assuré Morissanda Kouyaté.
Pour le patron de la diplomatie guinéenne, cette étape s’inscrit dans la volonté des autorités de mettre de l’ordre dans le paysage politique national, conformément aux textes en vigueur.
« Nous sommes arrivés à la phase où ceux qui ne sont pas en règle doivent être dissous. C’est une décision souveraine de l’État guinéen », a-t-il fait remarquer devant les diplomates.
Du côté du corps diplomatique, cette rencontre est perçue comme un exercice de transparence permettant de mieux comprendre l’évolution de la transition guinéenne et les réformes engagées.
« Nous saluons toujours cette démarche, car elle nous permet d’avoir des retours réguliers de la part de Son Excellence sur l’actualité guinéenne, notamment. Aujourd’hui, il s’agissait de la refondation et des différentes étapes en cours, celles déjà réalisées et celles en cours de réalisation », a réagi l’ambassadeur du Maroc en Guinée, Issan Taib.
Même appréciation du côté de la représentation allemande. L’ambassadrice d’Allemagne en Guinée, Irene Biontino, a rappelé l’importance de ces échanges pour le suivi des évolutions politiques dans le pays.
« C’était une information destinée au corps diplomatique. L’Allemagne suit les développements en Guinée et continuera de le faire. C’est une bonne procédure d’informer le corps diplomatique », a-t-elle indiqué.
Les autorités guinéennes réaffirment ainsi leur volonté de maintenir un dialogue constant avec les partenaires internationaux, tout en assumant pleinement les décisions prises dans le cadre du processus de refondation institutionnelle en cours dans le pays.
Bouka Barry

