La nomination de Mme Patricia Adéline Lamah au poste de ministre de la Femme, de la Famille et de la Solidarité continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique. En cause : son parcours professionnel, notamment son passage par le métier de la coiffure, que certains jugent incompatible avec de hautes fonctions ministérielles. Une controverse que Mme Mariame Baldé, promotrice d’un salon de beauté à Conakry, réfute avec fermeté, apportant un soutien appuyé à la nouvelle ministre.
Pour cette entrepreneure, réduire Patricia Adéline Lamah à la seule image de coiffeuse relève d’une lecture simpliste et injuste.
« Aujourd’hui, les métiers comme la coiffure ne sont plus des solutions de rattrapage, mais des choix assumés, portés par la passion et l’esprit entrepreneurial. Ceux qui pensent que Mme Patricia Adéline Lamah n’a pas de compétences professionnelles se trompent lourdement. Au-delà de la coiffure, elle dispose de réelles compétences managériales et entrepreneuriales », affirme-t-elle.
Mme Mariame Baldé déplore par ailleurs la persistance de préjugés tenaces autour des métiers de la beauté. Selon elle, ce secteur est désormais un véritable levier économique, générateur d’emplois et de valeur ajoutée.

« La coiffure est un métier professionnel à part entière, un métier d’avenir. Beaucoup de femmes qui y évoluent aujourd’hui sont diplômées et disposent d’un solide bagage intellectuel », insiste-t-elle.
Se prenant elle-même en exemple, la cheffe d’entreprise rappelle être diplômée en management dans une école de commerce marocaine.
« Je me reconnais dans cette nouvelle génération de femmes entrepreneures qui revendiquent la dignité, la légitimité et la reconnaissance de leurs métiers. La polémique autour de la nomination de Patricia Adéline Lamah devrait surtout ouvrir un débat plus large sur la diversité des profils et des compétences au sein de la gouvernance publique », plaide-t-elle.
Enfin, Mme Baldé souligne que le parcours de la nouvelle ministre ne se limite nullement à l’entrepreneuriat.
« Patricia Adéline Lamah possède une expérience avérée dans l’administration et le secteur bancaire, où elle a exercé entre 2011 et 2018. Elle y a occupé, avec professionnalisme, les fonctions de responsable juridique et contentieux, tout en développant parallèlement son activité entrepreneuriale », conclut-elle.
Au-delà de la polémique, cette prise de position relance un débat de fond sur la reconnaissance des parcours atypiques et la place des compétences plurielles dans la gestion des affaires publiques.
Foulématou Kaba

