Devant le Conseil national de la transition (CNT), le Premier ministre Amadou Oury Bah a dévoilé une ambition sans précédent pour le secteur agricole. Au cœur de sa déclaration de politique générale présentée ce mercredi 25 mars 2026 au Palais du Peuple, le chef du gouvernement a annoncé le lancement de 32 méga projets et 10 réformes structurantes, pour un volume d’investissements estimé à 65 milliards de dollars. Objectif clairement affiché : conduire la Guinée vers l’autosuffisance alimentaire et bâtir une véritable souveraineté économique.
Dans un contexte marqué par les défis alimentaires et la dépendance aux importations, le Premier ministre a fait de l’agriculture un pilier central de la stratégie nationale de développement.
« Il est prévu 32 méga projets et 10 réformes », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’engager une transformation profonde du secteur, de la production à la commercialisation.
Cette ambition repose, selon lui, « sur des acquis déjà palpables. À ce jour, près de 45 000 promoteurs agricoles ont été accompagnés à travers le pays, dont une majorité de femmes (60 %), signe d’une volonté d’inclusion. Sur le plan financier, 298,5 milliards de francs guinéens ont été mobilisés via le Fonds de Développement Agricole (FODA) et le Programme de Développement de l’Agriculture Commerciale en Guinée. À cela s’ajoute un financement de 500 millions de dollars destiné à soutenir une vingtaine de projets structurants. »
Au-delà des annonces, le chef du gouvernement a détaillé les axes prioritaires des réformes à venir. Il s’agira notamment de moderniser durablement les systèmes de production, de sécuriser le foncier agricole, d’intensifier la mécanisation, de relancer les rizeries et de réduire significativement les pertes post-récolte. Une attention particulière sera également accordée à l’organisation des filières d’exportation et au développement d’une agro-industrie compétitive.
L’ambition est claire : permettre à la Guinée non seulement de nourrir sa population, mais aussi de valoriser ses productions sur les marchés régionaux, tout en améliorant les revenus des producteurs ruraux. Dans cette dynamique, plusieurs recommandations du CNT ont été intégrées, notamment la construction de 10 000 kilomètres de pistes rurales d’ici 2030, l’équipement progressif des zones agricoles à fort potentiel et la relance des unités locales de transformation.
Dotée d’importantes terres fertiles et d’une diversité agro-écologique remarquable, la Guinée dispose d’atouts indéniables pour réussir ce pari. Reste désormais à traduire ces annonces ambitieuses en actions concrètes et durables sur le terrain.
Zézé Enèma Guilavogui

