DR SÉKOU KOUREISSY CONDÉ : LA RESPONSABILITÉ NATIONALE AU-DESSUS DES CLIVAGES POLITIQUES
Dans le débat suscité par les déclarations du Dr Ousmane Kaba et la réaction du ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, la prise de position...

Dans le débat suscité par les déclarations du Dr Ousmane Kaba et la réaction du ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, la prise de position du Dr Sékou Koureissy Condé mérite d’être saluée pour sa hauteur de vue, sa cohérence et son sens de l’intérêt national.
En jugeant légitime la réaction du chef de la diplomatie guinéenne, il rappelle que la crédibilité internationale du pays engage bien davantage que le gouvernement en place. Elle concerne les citoyens, les entreprises, les partenaires et tous ceux dont l’avenir dépend aussi de la confiance que la Guinée inspire.
La diplomatie joue ici un rôle décisif. Elle défend des intérêts, construit des partenariats et porte la voix du pays. Il appartient donc au ministre des Affaires étrangères de répondre aux propos qu’il estime préjudiciables à cette mission. La force de sa réponse se mesure toutefois à la précision des faits, à la solidité des arguments et à sa capacité à éclairer le débat.

Car défendre l’image de la Guinée ne saurait soustraire l’action publique à la critique. Le gouvernement doit pouvoir répondre ; ses contradicteurs doivent pouvoir questionner. Cette réciprocité est une condition de la confiance démocratique.
Fort de son expérience des affaires économiques et financières, le Dr Ousmane Kaba a toute sa place dans cette discussion. Son parcours donne du poids à sa parole et rend d’autant plus nécessaire une argumentation documentée. La même exigence s’impose à ceux qui lui répondent : une controverse utile permet aux citoyens de comprendre les désaccords, d’apprécier les résultats et de juger les solutions proposées.
C’est sous cet angle que la position du Dr Sékou Koureissy Condé mérite d’être entendue. Elle invite à dépasser une pratique politique où reconnaître une avancée passe pour une capitulation, et signaler une insuffisance pour une trahison. Ces réflexes appauvrissent le débat et enferment chacun dans son camp.
L’intérêt national exige davantage de discernement. Une critique rigoureuse peut servir la Guinée, une défense aveugle du pouvoir peut lui nuire. Le patriotisme se mesure à la volonté de faire progresser le pays, y compris lorsque cela oblige à reconnaître une erreur ou à donner raison à un adversaire.
Cette responsabilité incombe à tous : dirigeants en fonction, anciens responsables, majorité et opposition. Ceux qui ont servi l’État disposent d’une expérience précieuse. Ceux qui le dirigent disposent des moyens d’agir. Les citoyens sont en droit d’attendre des uns comme des autres des réponses à leurs préoccupations.

La Guinée gagnerait à faire de ses désaccords un travail collectif de clarification. Quels résultats sont établis ? Quelles difficultés persistent ? Quelles décisions faut-il corriger ? Sur ces questions, la confrontation des idées peut devenir féconde, à condition que les procès d’intention cessent de tenir lieu d’arguments.
La prise de position du Dr Sékou Koureissy Condé offre ainsi l’occasion de rappeler une règle commune : la responsabilité nationale ne suspend pas la liberté de critique, elle oblige chacun à l’exercer avec rigueur.
La Guinée n’a pas besoin que ses responsables parlent d’une seule voix. Elle a besoin que chacun réponde de ses paroles et de ses actes devant les citoyens.
Yamoussa SIDIBÉ, Journaliste.








