De l’électricité aux données : la fibre de TRANSCO CLSG ouvre une nouvelle voie pour la connectivité en Guinée
La fibre optique déployée le long du réseau électrique régional pourrait bientôt jouer un rôle majeur dans le renforcement de la connectivité numérique en Guinée....

La fibre optique déployée le long du réseau électrique régional pourrait bientôt jouer un rôle majeur dans le renforcement de la connectivité numérique en Guinée. À travers la valorisation de ses capacités excédentaires, TRANSCO CLSG entend mettre son infrastructure au service d’un nouvel enjeu : offrir aux quatre pays qu’elle relie la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Liberia et la Sierra Leone une voie supplémentaire d’accès à Internet.
Le projet était au cœur des échanges, ce mercredi 30 septembre 2026, entre les autorités guinéennes et une délégation de TRANSCO CLSG conduite par son Directeur général, Étienne Bailly. Reçue par la Cheffe de Cabinet du ministere de la communication de l’economie numerique et de l’innovation MCENI, Adèle Camara, la délégation est venue présenter les contours de cette initiative et les opportunités qu’elle pourrait offrir à la Guinée en matière de connectivité, de sécurisation des réseaux et d’intégration numérique sous-régionale.

Au cœur de cette ambition se trouve une infrastructure initialement conçue pour répondre aux besoins du transport d’électricité. Sur environ 1 300 kilomètres, la ligne d’interconnexion de TRANSCO CLSG traverse la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée. Elle est équipée de 24 paires de fibres optiques, dont une capacité excédentaire pourrait désormais être mise à la disposition du secteur des télécommunications.
Pour TRANSCO CLSG, cette évolution ne constitue pas une réorientation de sa mission, mais plutôt la valorisation d’un potentiel déjà prévu dans la conception du projet régional.
Le Directeur général de l’organisation, Étienne Bailly, rappelle que la dimension numérique était intégrée au modèle économique de l’infrastructure dès son origine.

« Je voudrais d’abord préciser que nous sommes une société qui a été fondée par un traité international signé par les quatre Chefs d’État des quatre pays et ratifiés par les quatre parlements. Et nous avons comme mission la construction et l’exploitation d’une ligne électrique d’interconnexion entre les quatre pays qui fait 1300 kilomètres et qui, pour les besoins de la technologie, est équipée par 24 paires de fibres optiques depuis la Côte d’Ivoire jusqu’en Guinée. Et donc, à la base, dans le plan d’affaires de ce projet, il était conçu donc que nous puissions valoriser ces 24 paires de fibres optiques. Cela exige une collaboration étroite des instances des quatre pays. Une collaboration que nous avons donc commencé à mettre en œuvre », a expliqué le Directeur général de TRANSCO CLSG.
Cette capacité disponible représente aujourd’hui un levier potentiel pour renforcer les liaisons numériques terrestres entre les quatre États et, surtout, diversifier les voies par lesquelles transite le trafic Internet.
La redondance, un enjeu stratégique pour la connectivité guinéenne.
Pour la Guinée, l’intérêt du projet ne réside pas uniquement dans l’augmentation des capacités disponibles. Il touche également à la résilience des infrastructures numériques.
Disposer d’une voie supplémentaire d’acheminement des données permettrait, à terme, de renforcer la redondance des réseaux et de contribuer à la continuité de l’accès à Internet. Une perspective particulièrement importante dans un environnement numérique où la stabilité des infrastructures constitue un enjeu majeur pour les administrations, les entreprises et les usagers.C’est précisément sur cette dimension que la Cheffe de Cabinet, Adèle Camara, met l’accent.
Après avoir salué le travail accompli par TRANSCO CLSG dans le secteur énergétique, elle a réaffirmé la volonté du département d’accompagner la concrétisation de cette initiative.
Elle a également invité les conseillers du ministère ainsi que les équipes techniques de la GUILAB et de la SOGEB à travailler à la mise en œuvre du projet.
Selon elle, cette initiative s’inscrit également dans les orientations du Programme Simandou 2040, notamment à travers son troisième pilier.
« Une belle opportunité pour la Guinée »
Pour Adèle Camara, la position de la Guinée sur le tracé de TRANSCO CLSG confère au pays un intérêt particulier dans le dispositif régional.

« Transco CLSG, c’est 1300 kilomètres de câbles énergétiques qui traversent la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée avant d’atterrir précisément à Linsan. Le point névralgique de ce transport, autrement dit le point de contrôle, se trouve en Guinée, notamment à N’Zérékoré. Et la capacité excédentaire de la fibre optique, c’est ce que Transco CLSG cherche à faire commercialiser. »
La responsable estime que cette infrastructure pourrait ainsi offrir au pays de nouvelles possibilités, aussi bien sur le plan technique que dans le cadre de son intégration avec les autres États de la sous-région.
« Ceci représente aujourd’hui une belle opportunité pour la Guinée en termes de redondance, en termes de connectivité, mais surtout en termes d’intégration africaine comme le souhaite M. le Président de la République, Son Excellence Mamadi Doumbouya, qui tient à l’intégration sous-régionale », a-t-elle rappelé.
De l’interconnexion électrique à l’interconnexion numérique.
Créée en 2012, TRANSCO CLSG s’est imposée au fil des années comme un instrument de coopération entre les quatre États dans le domaine énergétique. Son réseau d’interconnexion constitue l’un des projets structurants de l’intégration régionale.
La valorisation de la fibre optique constitue désormais une nouvelle dimension de cette coopération.
En exploitant les capacités disponibles sur cette infrastructure, les quatre pays pourraient renforcer leurs connexions terrestres et favoriser une circulation plus diversifiée des données à l’échelle sous-régionale.
Pour la Guinée, cette perspective vient compléter les efforts engagés pour améliorer la disponibilité et la sécurité de l’accès à Internet sur l’ensemble du territoire.

L’enjeu est donc désormais de transformer une capacité technique existante en véritable infrastructure numérique au service du développement.
La démarche engagée avec TRANSCO CLSG pourrait permettre à la Guinée de disposer d’une solution supplémentaire de connectivité et de redondance, tout en renforçant ses échanges numériques avec la Côte d’Ivoire, le Liberia et la Sierra Leone.

À travers ce projet, une infrastructure conçue pour rapprocher les réseaux électriques pourrait ainsi contribuer à rapprocher également les réseaux numériques. Une évolution qui illustre une tendance désormais incontournable : les infrastructures régionales ne servent plus seulement à transporter l’énergie, mais peuvent également devenir des vecteurs de données, de connectivité et d’intégration économique.
Pour les autorités guinéennes comme pour TRANSCO CLSG, la prochaine étape sera désormais de concrétiser cette ambition à travers la coordination des différents acteurs concernés et la mise en place du cadre nécessaire à la commercialisation de cette capacité de fibre optique.
Abdoulaye Bouka Barry








