Emprunt obligataire de 2 500 milliards GNF : la Guinée mise sur l’épargne nationale pour financer son développement
Le gouvernement guinéen entend mobiliser 2 500 milliards de francs guinéens sur le marché financier national pour accompagner le financement de ses investissements, notamment dans...

Le gouvernement guinéen entend mobiliser 2 500 milliards de francs guinéens sur le marché financier national pour accompagner le financement de ses investissements, notamment dans le cadre de la vision Simandou 2040. L’opération, ouverte ce vendredi 25 septembre 2026 et prévue jusqu’au 23 octobre, propose aux souscripteurs des obligations d’une valeur nominale de 5 millions de GNF, rémunérées au taux annuel de 11 %. Afriland First Bank assure, pour la troisième année consécutive, les fonctions d’arrangeur, de conseil et de chef de file de l’émission.

Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, à travers la Direction générale des financements, a officiellement donné, ce vendredi 25 septembre 2026, le coup d’envoi de l’emprunt obligataire 2026 de l’État guinéen.
D’un montant cible de 2 500 milliards de francs guinéens, cette opération d’appel public à l’épargne s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer la mobilisation des ressources intérieures, à diversifier les sources de financement de l’État et à approfondir le marché financier national.
Ouverte jusqu’au 23 octobre 2026, l’opération est pilotée par Afriland First Bank, désignée comme arrangeur, conseil et chef de file de l’émission. L’établissement bancaire est accompagné d’un syndicat de placement composé notamment d’Ecobank, BCI, Orabank Vista, Skybank et AFG Bank.

Des obligations accessibles à partir de 5 millions de GNF
L’emprunt est structuré autour d’obligations d’une valeur nominale de 5 millions de GNF, avec une maturité de cinq ans et un taux d’intérêt annuel fixé à 11 %.
Le capital sera amorti annuellement et les intérêts, sous forme de coupons, seront également versés chaque année. L’opération est ouverte aux personnes physiques et morales, aux entreprises, aux investisseurs institutionnels ainsi qu’aux acteurs industriels. Elle bénéficie par ailleurs d’une exonération d’impôts et de taxes.
À travers cette émission, l’État entend mobiliser davantage l’épargne nationale afin de financer ses investissements et de réduire progressivement sa dépendance à l’égard des financements extérieurs.
Après avoir levé 1 500 milliards de GNF en 2025, le gouvernement porte ainsi son objectif à 2 500 milliards de GNF en 2026, soit une progression de près de 67 %.
Mobiliser l’épargne nationale pour financer le développement
À l’occasion du lancement, le directeur général des Financements a salué la mobilisation des acteurs du secteur financier ainsi que leur confiance dans la signature de l’État.

Il a expliqué que l’opération répond à la volonté des autorités de renforcer la mobilisation des ressources domestiques et d’approfondir le marché financier guinéen. Selon lui, « la dynamique actuelle de l’économie nationale est notamment soutenue par les grands projets miniers, tandis que la maîtrise de l’inflation et le maintien du ratio de dette publique autour de 37 % du PIB constituent, à ses yeux, des éléments importants du cadre macroéconomique. »
Le recours au marché financier national est ainsi présenté comme un choix stratégique permettant de mobiliser l’épargne disponible en Guinée tout en limitant l’exposition aux risques associés aux financements extérieurs.
Les ressources levées doivent contribuer au financement de plusieurs secteurs prioritaires, notamment les infrastructures et les transports, l’agriculture, l’énergie, l’agro-industrie, l’éducation, la formation et le développement social.
Afriland First Bank reconduit pour la troisième fois
Au cœur du dispositif financier de l’opération, Afriland First Bank entend une nouvelle fois accompagner l’État guinéen dans sa stratégie de mobilisation de ressources.

L’administrateur général de la banque, Guy Laurent Fondjo, s’est félicité de la participation de son établissement à cette nouvelle émission, rappelant qu’Afriland First Bank est reconduite pour la troisième fois consécutive comme arrangeur et chef de file.
Il a notamment relevé l’augmentation significative de l’objectif de mobilisation, passé de 1 500 milliards de GNF en 2025 à 2 500 milliards en 2026.
Pour lui, le financement domestique constitue un levier majeur pour accompagner les programmes de développement à long terme du pays, notamment ceux associés à Simandou 2040, dans des secteurs aussi stratégiques que les infrastructures, l’énergie, la santé et l’éducation.
Depuis 2015, a-t-il rappelé, Afriland First Bank accompagne les opérations de mobilisation de ressources de l’État guinéen. Selon les données avancées par son administrateur général, plus de 6 300 milliards de GNF auraient ainsi été mobilisés sur le marché local à travers différentes émissions obligataires.
Guy Laurent Fondjo a appelé l’ensemble des acteurs de la place financière — banques, compagnies d’assurance, institutions de microfinance, investisseurs institutionnels, entreprises, particuliers et membres de la diaspora — à prendre part à l’opération, présentée comme un effort collectif en faveur du financement du développement national.
La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) entend également apporter son concours à l’opération.

Par la voix de son gouverneur, Karamo Kaba, l’institution a salué le lancement de ce nouvel emprunt et assuré qu’elle jouerait pleinement son rôle afin de contribuer à son succès.
Même engagement du côté de l’Association professionnelle des établissements de crédit de Guinée. Par l’intermédiaire de son porte-parole, l’organisation a réaffirmé la disponibilité des établissements de crédit à accompagner l’opération et à contribuer à la mobilisation de l’épargne nationale.
Mariama Ciré Sylla : « Nous n’empruntons donc pas pour emprunter. Nous empruntons pour investir »

Prenant la parole lors de la cérémonie de lancement, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a replacé l’emprunt obligataire dans la perspective plus large de la transformation structurelle de l’économie guinéenne.
La ministre a notamment mis en avant l’accélération de la croissance économique, la maîtrise des grands équilibres macroéconomiques et le renforcement de la crédibilité financière du pays. Elle a également évoqué les investissements directs étrangers, l’accord conclu avec le Fonds monétaire international ainsi que les différentes réformes engagées par le gouvernement.
Dans cette transformation, le projet Simandou occupe, selon elle, une place centrale. Mais l’ambition du pays ne saurait se réduire à l’exploitation et à l’exportation du minerai de fer.
La vision Simandou 2040 doit, selon la ministre, permettre de convertir les ressources naturelles du pays en infrastructures, en énergie, en emplois, en entreprises guinéennes compétitives, en formation et en revenus pour les populations.

Dans cette perspective, le gouvernement prépare également la création d’un Fonds souverain de Guinée, destiné à préserver et à faire fructifier une partie des richesses nationales au bénéfice des générations futures.
« La Guinée que nous voulons en 2040 ne se construira pas en 2040 »
Pour Mariama Ciré Sylla, la réussite de cette transformation passe également par une mobilisation accrue de l’épargne nationale.
L’appel public à l’épargne doit ainsi contribuer à élargir et à approfondir le marché financier guinéen, à diversifier les sources de financement de l’État et à permettre aux citoyens guinéens de devenir des acteurs directs du financement du développement de leur pays.
Les ressources mobilisées dans le cadre de l’emprunt seront consacrées aux investissements inscrits au budget de l’État, notamment dans les infrastructures, la santé, l’éducation, l’agriculture, l’industrie, le commerce et l’énergie.

« Nous n’empruntons donc pas pour emprunter. Nous empruntons pour investir », a déclaré la ministre, tout en insistant sur la nécessité de préserver la soutenabilité de la dette publique et les équilibres macroéconomiques.
En conclusion de son intervention, Mariama Ciré Sylla a appelé les banques, les compagnies d’assurance, les institutions financières, les entreprises, les entrepreneurs, les particuliers et les membres de la diaspora à participer à l’opération.

« La Guinée que nous voulons en 2040 ne se construira pas en 2040. Elle se finance aujourd’hui, elle s’investit aujourd’hui et elle se construit aujourd’hui », a-t-elle lancé.
Elle a ensuite officiellement déclaré ouvert l’emprunt obligataire 2026 de 2 500 milliards de francs guinéens, donnant ainsi le coup d’envoi à une opération appelée à mobiliser l’épargne nationale au service des ambitions de développement portées par le gouvernement.
Abdoulaye Bouka Barry








