Le Premier ministre guinéen Bah Oury a présidé, ce vendredi 15 mai 2026 à Conakry, une importante session de cadrage budgétaire et stratégique axée sur les lettres de mission et les contrats annuels de performance. Devant les hauts cadres de l’administration publique, le chef du Gouvernement a fixé le cap d’une nouvelle gouvernance fondée sur l’efficacité, la redevabilité et l’obligation de résultats, en cohérence avec la Constitution de 2025 et le programme de développement national Simandou 2040.
Dans une intervention precise, le Premier ministre a rappelé que la Guinée est engagée dans une nouvelle dynamique institutionnelle depuis l’adoption de la Constitution du 21 septembre 2025. Selon lui, cette nouvelle architecture juridique impose désormais à l’administration publique des exigences accrues en matière de résultats et de satisfaction des besoins des citoyens.

« La Constitution n’est plus un chiffon de papier. Elle consacre des droits fondamentaux éducation, santé, inclusion qui imposent aux régies financières une mobilisation de recettes sans précédent afin de transformer ces promesses en réalités tangibles », a déclaré Bah Oury.
Au cours de cette rencontre stratégique, le chef du Gouvernement a également décliné la vision portée par le Président de la République, Mamadi Doumbouya, à travers le programme Simandou 2040, présenté comme le référentiel du développement économique et social de la Guinée pour les quinze prochaines années.
Ce vaste programme repose notamment sur cinq axes prioritaires : la diversification de l’économie afin de sortir de la dépendance minière, l’industrialisation à travers la création de chaînes de valeur locales, la souveraineté énergétique, le renforcement du capital humain ainsi que la modernisation équilibrée des territoires.
Dans un ton particulièrement direct à l’endroit des gestionnaires publics, Bah Oury a averti l’administration guinéenne de l’entrée dans une nouvelle culture de gouvernance fondée sur la performance et l’évaluation continue.
« Attachez vos ceintures », a-t-il lancé aux responsables administratifs, avant d’insister sur le caractère désormais contraignant des lettres de mission assignées aux membres du Gouvernement.
Le Premier ministre a annoncé que des évaluations intermédiaires rigoureuses seront systématiquement organisées afin de mesurer les résultats atteints par chaque département ministériel.
« Les lettres de mission assignées aux ministres ne sont plus indicatives. Elles feront l’objet d’évaluations intermédiaires serrées. Le ministre qui ne respectera pas ses objectifs sera sanctionné », a averti le chef du Gouvernement, affirmant assumer personnellement la responsabilité politique du succès ou de l’échec de cette réforme.
Appelant à davantage de cohésion au sein de l’appareil d’État, Amadou Bah Oury a exhorté les différents ministères à renforcer la synergie de leurs actions, particulièrement dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures et de l’énergie, considérés comme des piliers complémentaires du développement national.
En conclusion, le chef du Gouvernement a invité les responsables administratifs à privilégier la transparence dans la gestion des difficultés afin d’éviter les blocages institutionnels et les dysfonctionnements administratifs.
« Ne cachez rien. Une blessure se soigne avant qu’elle ne devienne une gangrène », a-t-il conclu.
Zézé Enéma Guilavogui

