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Guinée

Double scrutin de 2026 : à Kindia, l’ONASUR-E forme ses superviseurs pour garantir la transparence électorale

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À l’approche des élections législatives et communales prévues en Guinée le 31 mai prochain, l’Observatoire National Autonome de Supervision du Scrutin Référendaire et des Élections (ONASUR E) accélère ses préparatifs. L’institution dirigée par Dr Sékou Koureissy Condé a procédé, ce vendredi 15 mai 2026 à Kindia, au lancement officiel de l’atelier de formation des formateurs et superviseurs électoraux.

Placée sous le thème : « Le contrôle et la supervision des opérations électorales au cœur d’une élection consensuelle et apaisée », cette rencontre stratégique réunit plusieurs acteurs électoraux autour d’un objectif majeur : renforcer les capacités techniques, méthodologiques et opérationnelles des superviseurs appelés à encadrer le double scrutin législatif et communal dans un climat apaisé, transparent et crédible.

La cérémonie d’ouverture a mobilisé le gouverneur de la région administrative de Kindia, le général Mamadou Camara, des représentants de la CEDEAO, de la Direction Générale des Élections (DGE), ainsi que des organisations nationales et internationales impliquées dans l’accompagnement du processus électoral guinéen.

« Cet atelier s’inscrit dans le plan général de supervision des élections »

Dans son intervention, le président de l’ONASUR, Dr Sékou Koureissy Condé, a rappelé que cette formation constitue une étape essentielle du dispositif électoral mis en place par son institution pour les échéances de 2026.

« Cet atelier de formation des formateurs-superviseurs à Kindia s’inscrit dans le cadre du plan d’action général de supervision des élections par l’ONASURE. À chaque échéance électorale, notre organe élabore un plan d’action, un plan opérationnel ainsi qu’un mécanisme d’observation et de supervision. Ici, à Kindia, durant ces deux jours, nous avons réuni les formateurs des formateurs. Après cet atelier, des sessions régionales seront organisées afin d’aller vers nos superviseurs territoriaux, notamment les 630 superviseurs nationaux et internationaux, pour nous assurer qu’ils maîtrisent parfaitement les défis auxquels nous sommes confrontés. »

Poursuivant son allocution, il a insisté sur la nécessité de renforcer les compétences des superviseurs afin de garantir l’intégrité du processus électoral.

« Il s’agit également de renforcer les compétences des conseillers de l’ONASUR-E en matière de contrôle et de supervision des opérations électorales dans un contexte de double scrutin, d’harmoniser les pratiques et méthodes de supervision afin de favoriser un processus consensuel et apaisé, mais aussi d’outiller l’ensemble des parties prenantes sur les attributions, le rôle et les responsabilités de l’ONASUR-E. Nous voulons également assurer la maîtrise des outils numériques et des dispositifs de contrôle des opérations électorales. »

Le président de l’ONASUR-E a, par ailleurs, expliqué que les travaux de Kindia permettront de structurer tout le mécanisme national de supervision électorale.

« Nous sommes ici à Kindia pour travailler méthodiquement sur tout le mécanisme de supervision électorale, la collecte des informations et des données électorales. Cela permettra à l’ONASUR-E, le moment venu, de déployer efficacement ses superviseurs dans les préfectures, les régions et les villages afin de suivre le travail de la DGE, de vérifier la régularité, la conformité et la transparence des opérations électorales, avant de procéder à la certification du scrutin après la proclamation des résultats provisoires. »

« Nous sommes face à un nouveau système électoral »

Revenant sur les défis liés à l’organisation du double scrutin, Dr Sékou Koureissy Condé a souligné que la Guinée entre désormais dans une nouvelle phase de son histoire électorale.

« Nous sommes confrontés à plusieurs défis. Premièrement, nous sommes dans un nouveau système électoral. Pour la première fois en Guinée, nous parlons de double scrutin. Nous aurions même pu parler de triple scrutin avec le système plurinominal. Il y a donc un changement profond dans le mécanisme électoral et dans les données du processus. »

Selon lui, ces mutations nécessitent davantage de pédagogie et d’encadrement auprès des acteurs politiques.

« Ce nouveau système a parfois semblé difficile à comprendre pour certains candidats. Mais il faut retenir qu’il s’agit d’un nouvel ordre électoral, avec des institutions désormais investies de missions renforcées en matière de transparence et de garantie de crédibilité. L’ ONASUR-E a précisément pour mission de s’assurer que tous les candidats sont traités de manière équitable et que le processus se déroule dans les meilleures conditions possibles. »

Appel à des élections sans violence

Satisfait du climat relativement apaisé observé lors du référendum constitutionnel et de la présidentielle de 2025, le président de l’ONASUR-E Ea salué le comportement des citoyens guinéens.

« Les Guinéens ont démontré leur volonté d’apaisement, leur sens de la tolérance, leur responsabilité citoyenne et leur capacité d’acceptation mutuelle. »

Dans la même dynamique, il a invité les acteurs politiques à privilégier le débat démocratique plutôt que la confrontation.

« Il appartient désormais aux acteurs politiques, toutes tendances confondues, ainsi qu’aux milliers de candidats, de prouver aux Guinéens qu’ils partagent cette volonté d’aller vers des élections apaisées. La violence verbale comme la violence physique n’ont pas leur place en démocratie. Aucune école de sciences politiques n’enseigne la violence comme méthode de conquête électorale. Une campagne électorale doit être un espace de débat contradictoire et non un terrain d’agressions. »

Avant de lancer un appel au calme et à la responsabilité collective : « Nous appelons les citoyens à l’apaisement. Aujourd’hui, le comportement électoral des Guinéens est observé et apprécié à l’échelle panafricaine et internationale. Il faut préserver cet acquis. La paix électorale conduit à la réconciliation nationale, et la réconciliation électorale demeure un levier fondamental pour l’unité nationale, la paix et la prospérité de notre pays. »

« Vous avez la responsabilité de suivre chaque étape »

S’adressant directement aux superviseurs qui seront déployés sur le terrain, Dr Sékou Koureissy Condé a insisté sur la rigueur attendue dans l’accomplissement de leur mission.

« Vous avez la responsabilité de suivre, étape par étape, tout le processus électoral, depuis le bureau de vote jusqu’à l’environnement électoral du citoyen, afin que chaque électeur adopte un comportement citoyen et que chaque acteur politique respecte les principes du comportement électoral. »

De son coté, l’expert électoral Mamadou Pathé Dieng a présenté les différents modules retenus pour cette session de formation.

« Pour atteindre les objectifs assignés à cette formation, nous avons élaboré trois modules. Le premier porte sur le contrôle et la supervision des opérations électorales. Le deuxième est consacré à la distinction entre supervision et observation électorale, deux notions souvent confondues. Enfin, le troisième module, purement technique, sera axé sur l’utilisation des outils pédagogiques et numériques de supervision, notamment les tablettes pour la collecte rapide des données. »

Le formateur a insisté sur la nécessité d’une coordination technique entre les institutions impliquées dans le processus électoral.

« Il doit exister une véritable complémentarité technique entre la DGE, qui gère les élections, et l’ONASUR-E , qui veille à l’intégrité du processus électoral. Cette formation participe à la mise en place d’un dispositif opérationnel capable d’accompagner durablement la gouvernance démocratique dans notre pays. »

Le gouverneur de Kindia salue une initiative « hautement citoyenne »

Présidant le lancement officiel de l’atelier, le gouverneur de Kindia, le général Mamadou Camara, a salué une initiative qui, selon lui, contribue au renforcement des valeurs démocratiques et républicaines.

« Je voudrais saluer et féliciter très sincèrement le président de l’ONASUR-E pour cette initiative hautement citoyenne visant à renforcer les capacités des acteurs impliqués dans la supervision du processus électoral. Les élections constituent un moment essentiel dans la vie d’une nation. Pour qu’elles soient crédibles, apaisées et inclusives, il est indispensable que tous les acteurs disposent des compétences nécessaires pour accomplir leur mission avec professionnalisme, impartialité et responsabilité. »

Le gouverneur s’est également dit convaincu que les travaux de Kindia permettront d’outiller efficacement les participants.

« Le thème retenu pour cet atelier revêt une importance capitale dans le contexte actuel de notre pays. Je reste convaincu que les travaux menés durant ces deux jours permettront aux participants d’acquérir des connaissances solides ainsi que des outils pratiques pour assurer une supervision efficace du processus électoral dans le strict respect des lois et règlements de la République. »

Prévu jusqu’au samedi 16 mai 2026, cet atelier de formation marque une étape majeure dans les préparatifs du double scrutin législatif et communal en Guinée. À travers cette initiative, l’ONASUR-E entend renforcer les mécanismes de supervision électorale afin de contribuer à l’organisation d’élections transparentes, crédibles et porteuses de paix sociale.

Abdoulaye Bouka Barry

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