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Guinée

Parité en Guinée : en mars 2026, l’exigence des 30 % de femmes dans les sphères de décision s’impose

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À l’occasion du mois de mars 2026, célébré sous le thème « Droits – Justice – Action pour toutes les femmes et filles », la Guinée s’inscrit pleinement dans cette dynamique internationale de promotion des droits des femmes. Mais au-delà de la symbolique, cette commémoration intervient dans un contexte national décisif, marqué par la perspective des élections communales et législatives.

Dans ce cadre, la question de la représentativité féminine s’impose avec acuité. L’honorable conseillère Seny Tonamou appelle ainsi à faire de ce mois un tournant, en fixant un objectif clair : atteindre au moins 30 % de femmes dans les instances de décision, conformément aux dispositions constitutionnelles et électorales, ainsi qu’à la volonté politique affichée au sommet de l’État.

« Ce mois doit être célébré avec un objectif majeur : atteindre au moins 30 % de représentation féminine », a-t-elle insisté, évoquant une ambition qui, si elle se concrétise, marquerait une avancée notable dans la gouvernance inclusive du pays.

Pourtant, les données actuelles révèlent un déséquilibre persistant. Alors que les femmes représentent environ 51,8 % de la population guinéenne, leur présence dans les sphères décisionnelles demeure limitée : « environ 30,86 % au sein du CNT, 23,3 % au gouvernement et seulement 12,5 % au niveau des gouvernorats », a-t-elle rappelé.

Un constat préoccupant qui, selon elle, interpelle directement les autorités et l’ensemble des acteurs publics. Dès lors, la célébration du mois de mars se veut bien plus qu’un rendez-vous symbolique : elle constitue une opportunité stratégique pour dresser un état des lieux et impulser des actions concrètes.

Malgré les avancées juridiques, notamment à travers les dispositions des articles 6 et 164, d’importants défis subsistent. Parmi les obstacles majeurs figure le coût élevé des cautions électorales, qui limite l’accès des femmes à la compétition politique. Cette contrainte est d’autant plus significative qu’une large proportion de la population environ 61,3 %  vit en milieu rural, où de nombreuses femmes disposent du potentiel nécessaire pour s’engager en politique, mais restent freinées par des contraintes financières.

Face à cette réalité, des mesures correctives s’imposent. L’honorable conseillère plaide notamment « pour un allègement, voire une réduction des cautions électorales pour les femmes candidates, sans distinction d’appartenance politique. »

Une telle orientation permettrait de renforcer l’inclusivité du processus électoral, tout en respectant les engagements nationaux et internationaux de la Guinée.

Au-delà des réformes institutionnelles, cette période de célébration est également présentée comme un cadre de mobilisation collective. L’enjeu est clair : faire de la participation politique des femmes une réalité tangible, au-delà des discours.

Dans cette perspective, plusieurs appels ont été lancés. Aux autorités, d’abord, pour poursuivre et intensifier les efforts en faveur de l’autonomisation des femmes et des filles. Aux femmes elles-mêmes, ensuite, pour s’unir, croire en leur potentiel et s’engager pleinement dans la vie publique. Les conjoints sont également invités à soutenir les ambitions de leurs partenaires, tandis que les partenaires techniques et financiers sont exhortés à renforcer leur accompagnement.

Enfin, un message particulier est adressé aux jeunes filles, appelées à s’inspirer de modèles inspirants afin de se projeter dans des rôles de leadership, en tant que futures actrices du développement national.

En guise de conclusion, l’honorable conseillère Seny Tonamou invite les femmes et les filles de Guinée à transformer cette dynamique en engagement durable. Car, au-delà des revendications, c’est bien une participation inclusive et effective qui conditionne l’émergence d’un développement équilibré et pérenne du pays.

Zézé EnèmaGuilavogui

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