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Guinée

Déclaration de politique générale : le CNOSCG salue un discours « responsable », mais déplore le silence sur la crise de liquidité

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Au lendemain de la présentation de la politique générale du gouvernement par le Premier ministre Amadou Oury Bah devant le Parlement de transition, la société civile guinéenne exprime une lecture nuancée de l’exercice. Si le discours est globalement salué pour sa portée et sa structuration, des attentes majeures, notamment sur la crise de liquidité, restent sans réponse.

Présent à l’hémicycle ce 25 mars 2026, le président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne, Ange Gabriel Haba, a d’abord reconnu la qualité de l’intervention du chef du gouvernement, qu’il juge structurée et utile pour le débat démocratique.

« C’est un discours responsable qui touche à peu près tous les secteurs avec des chiffres concrets, réels et réalistes. Il faut encourager ces genres de pratique qui contribuent à renforcer notre démocratie en ce qui concerne le débat entre le gouvernement et la représentation nationale. Cela nous permet, nous qui sommes des acteurs de la société civile, de comprendre quelles sont les ambitions du gouvernement par rapport à la vie nationale et comment nous autres pouvons suivre pour amener le gouvernement à respecter ses engagements vis-à-vis du peuple de Guinée », a laissé entendre l’activiste.

Mais derrière cette appréciation positive, le responsable du CNOSCG n’a pas manqué de pointer des angles morts. En tête de ses préoccupations figure la crise de liquidité qui secoue le pays, et qui, selon lui, n’a pas été suffisamment prise en compte dans le discours du Premier ministre.

« C’est notamment la crise actuelle que nous traversons, la crise de liquidité. Je m’attendais à une réponse concrète au-delà des propositions ou au-delà des mesures immédiates que le Président de la République a pu prendre pour éviter l’asphyxie de la situation économique de notre pays. Le Premier ministre, moi, à mon entendement, devrait permettre dans son discours au peuple de Guinée de savoir au-delà des mesures immédiates, quelles sont les prévisions du gouvernement afin de rassurer les acteurs économiques, la population guinéenne, qu’une telle crise ne va pas durer et que le gouvernement va prendre des mesures pour ne plus entraîner un manque de confiance entre la Banque centrale et les acteurs ainsi que la population », a-t-il martelé.

Autre point de préoccupation soulevé : l’éducation citoyenne, considérée comme un levier essentiel d’accompagnement des réformes engagées par les autorités.

« Le pays est en train de progresser. Il y a de grandes ambitions qui sont en cours. Mais la mentalité des citoyens doit être adaptée et évoluée en fonction des prévisions nationales. Et ce rôle-là, doit être joué par une autre catégorie d’entités à travers la sensibilisation, l’éducation citoyenne. Qu’est-ce que le gouvernement prévoit en la matière pour que les citoyens ? D’ailleurs pour la majorité qui ne sont même pas allés à l’école, puissent être intégrés dans la politique pour comprendre ou changer de mentalité vis-à-vis des réalités actuelles de notre pays, vis-à-vis des ambitions de notre pays. C’est une réelle préoccupation aussi. Je ne l’ai pas entendu dans le discours de politique générale du gouvernement », a souligné Ange Gabriel Haba.

Malgré ces réserves, le CNOSCG entend poursuivre son rôle de veille et d’évaluation de l’action publique.

« Nous allons continuer à analyser le discours du Premier ministre et nous allons mettre en place un système de suivi et de recommandations pour que ce que le gouvernement prévoit soit ce qui va exactement être réalisé », a-t-il conclu.

Abdoulaye Bouka Barry

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