Dans une réforme majeure à l’approche des élections communales et législatives, les certificats de résidence deviennent désormais gratuits et seront exclusivement délivrés par les secrétaires généraux des communes, mettant ainsi fin à la pratique jusque-là assurée par les chefs de quartiers.
C’est dans ce contexte que l’Office national de l’identification et de l’état civil (ONECI) a procédé, ce lundi 23 mars 2026, à la remise officielle des certificats de résidence et des attestations d’habitation aux secrétaires généraux des communes ainsi qu’aux officiers délégués de l’état civil. La cérémonie s’est tenue dans l’enceinte du gouvernorat de la ville de Conakry, en présence de plusieurs responsables administratifs, dont le Directeur de cabinet de la gouverneure, le Directeur général adjoint des élections et le conseiller juridique de la Direction générale des élections (DGE).

Prenant la parole, le Directeur général de l’ONECI, Kemoko Dioubaté, a rappelé le cadre de cette réforme.
« Il y a quelques mois, notre direction et celle en charge de l’organisation des élections ont signé une convention historique dans le cadre du processus électoral. »
Il a insisté sur le rôle central de son institution dans la fiabilité du processus électoral.
« L’ONECI joue un rôle important dans la crédibilité et la transparence des élections dans notre pays. C’est pourquoi nous avons signé une convention avec la Direction générale des élections autour de la gestion du fichier électoral. C’est cette base de données sécurisée qui permettra d’organiser des élections fiables. »

Dans la même dynamique, il a précisé les objectifs de cette opération.
« Cette réunion spécifique avec les secrétaires généraux vise à leur distribuer les certificats de résidence et les attestations d’habitation, mais aussi à leur expliquer à nouveau le contenu des lois 019 et 020 qui leur confèrent désormais la compétence exclusive pour délivrer ces documents. Avant, les certificats de résidence étaient délivrés par les services de quartier. Désormais, ils doivent être délivrés par les officiers d’état civil délégués. Toutefois, l’attestation d’habitation reste délivrée par les chefs de quartier, qui connaissent mieux les réalités locales. »
Le Directeur général de l’ONECI a également mis en avant la portée électorale de cette décision.
« Toutes ces actions s’inscrivent dans le processus électoral pour renforcer sa crédibilité et sa transparence. […] La gratuité des certificats de résidence vise à faciliter les démarches des candidats, afin qu’aucun ne soit empêché de constituer son dossier faute de moyens. »
Sur le terrain, cette réforme est perçue comme un véritable soulagement. Le secrétaire général de la commune de Gbessia, Oularé Bangaly, salue une initiative structurante :
« Cette rencontre est plus que nécessaire. En tant que responsables administratifs, il est essentiel que nous comprenions les enjeux du processus électoral. La mise à disposition de ces documents va considérablement faciliter notre travail. Les certificats de résidence, désormais gratuits, sont différents de ceux délivrés auparavant. Par ailleurs, aucun citoyen ne peut obtenir ce certificat sans une attestation d’habitation délivrée par les chefs de quartier. »

Selon lui, cette réforme constitue « un ouf de soulagement », tout en respectant l’esprit des textes en vigueur.
De son côté, le conseiller juridique de la DGE, Mohamed Aly Condé, a réaffirmé l’engagement de son institution.
« Les certificats de résidence et les attestations d’habitation font désormais partie des pièces exigées pour les candidatures. L’ONECI a engagé un travail essentiel de vulgarisation des lois 019 et 020, car sans explication, cela pourrait créer des incompréhensions. La loi consacre la compétence des officiers d’état civil dans la délivrance des certificats de résidence. C’est un message qui doit être relayé partout, car les habitudes ont la peau dure. »

Enfin, il a rassuré quant à l’implication de la DGE :« Notre priorité est d’organiser des élections transparentes. Nous veillerons à ce que chaque citoyen soit traité conformément à la loi. »
À travers cette réforme, les autorités entendent ainsi lever les obstacles administratifs, renforcer la transparence et garantir une participation équitable de tous les candidats au processus électoral.
Bouka Barry

