La justice guinéenne serre l’étau contre les auteurs de fraudes énergétiques. Le Tribunal de première instance (TPI) de Mafanco a condamné un électricien clandestin reconnu coupable de manipulation frauduleuse de compteurs de l’Électricité de Guinée (EDG) dans la commune de Dabompa.
Selon les informations relayées par la RadioTélévision Guinéenne (RTG), le prévenu, qui avait fait de cette activité illégale un véritable commerce lucratif, opérait depuis plusieurs années en procédant à des connexions frauduleuses au profit de tiers, moyennant rémunération.
Sans révéler l’identité du condamné, le procureur de la République près le TPI de Mafanco, Kanfori Ibrahima Camara, a dénoncé une pratique qui compromet les efforts de l’État pour améliorer la desserte en électricité à travers le pays.
« Nous voyons les efforts que l’État a consentis et continue de consentir pour améliorer la desserte en électricité. Mais certains de nos concitoyens se montrent malins en procédant à des connexions frauduleuses pour alimenter d’autres personnes. Et à la fin de chaque mois, ce sont eux qui viennent percevoir l’argent. Cette fois-ci, la main a été mise sur l’un d’eux et il a été traduit devant notre juridiction », a-t-il déclaré.
Ces fraudes, au-delà du manque à gagner pour la société nationale d’électricité, fragilisent le réseau et exposent les populations à des risques d’incendies et d’accidents domestiques.
À l’issue de l’audience, le tribunal a prononcé une peine de six mois d’emprisonnement assortie de sursis, ainsi qu’une amende de trois millions de francs guinéens.
« L’audience s’est tenue et il a été condamné à six mois d’emprisonnement assortis de sursis et au paiement d’une amende de trois millions de francs guinéens », a précisé le procureur au micro de la RTG.
Cette décision judiciaire s’inscrit dans une dynamique de lutte accrue contre les branchements clandestins et les trafics de compteurs, un phénomène récurrent qui affecte lourdement les performances du secteur énergétique national.
À travers ce verdict, le TPI de Mafanco envoie un signal clair : la fraude sur les installations électriques n’est plus tolérée et ses auteurs s’exposent désormais à des sanctions judiciaires fermes.
Bouka Barry

