À l’occasion d’une conférence de presse animée ce jeudi 26 février 2026, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’Étranger, Morissanda Kouyaté, a livré un discours offensif sur la protection des ressortissants guinéens vivant hors du territoire national. Face aux menaces de restrictions de visas brandies par certains partenaires, le chef de la diplomatie guinéenne affiche une posture de fermeté assumée.
Au cœur de son intervention : la défense des intérêts des Guinéens de la diaspora et la sécurisation de leurs investissements. Le ministre a annoncé la signature de protocoles d’accord avec des établissements bancaires afin de garantir les transferts de fonds et les projets immobiliers ou entrepreneuriaux initiés depuis l’étranger.
« Nous l’avons fait pour la Guinée, nous l’avons fait pour le peuple guinéen. Il y a des protocoles d’accord avec des banques pour que les Guinéens établis à l’étranger soient à l’abri de surprises désagréables. Lorsqu’ils veulent transférer de l’argent pour construire, ils l’envoient dans cette banque, qui garantit leurs avoirs », a-t-il expliqué, précisant que d’autres conventions similaires seront conclues prochainement.
Dans le même élan, le ministre a annoncé le lancement, depuis trois semaines, de la délivrance gratuite de cartes nationales d’identité et d’extraits de naissance biométriques aux Guinéens établis à l’étranger. Une mesure présentée comme un acte de reconnaissance et de justice administrative envers la diaspora.
Mais c’est surtout sur la question des expulsions et des pressions diplomatiques que le ton s’est durci. Morissanda Kouyaté a dénoncé certaines pratiques qu’il juge contraires à la dignité des ressortissants guinéens. Il évoque notamment des cas d’interpellations suivies d’identifications par visioconférence auprès des représentations diplomatiques avant expulsion.
« Des Guinéens qui étaient de passage sont arrêtés. On branche une vidéo, on la montre à l’ambassadeur pour lui demander : est-ce que vous le reconnaissez ? Après, il est reconnu, on le met dans l’avion. Non. La Guinée n’acceptera pas ça », a-t-il martelé.
Face aux menaces de suspension ou de blocage des visas, le chef de la diplomatie revendique une ligne claire : « Ils ont dit : si vous ne le faites pas, nous allons bloquer tous les visas. Il y a un mois qu’ils l’ont dit. J’ai répondu : bloquez tous les visas. 99 % des Guinéens ne veulent pas aller à l’extérieur. Mais nous n’allons pas accepter. »
Un message qui sonne comme un avertissement aux pays concernés et qui traduit la volonté affichée des autorités guinéennes de redéfinir les rapports avec leurs partenaires sur la base du respect mutuel.
En conclusion, le ministre a replacé cette posture dans une perspective historique et nationale : « Nous avons fait cela parce que nous connaissons l’histoire de notre pays. Parce que nous devons réconcilier ceux qui sont à l’extérieur et ceux qui sont à l’intérieur pour construire ce pays. »
À travers cette sortie médiatique, la diplomatie guinéenne assume désormais un positionnement sans concession sur la question migratoire, tout en cherchant à renforcer les liens économiques et administratifs avec sa diaspora.
Hawa Thiam

