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Guinée

Drame de la migration irrégulière : des familles guinéennes réclament un ministère des Frontières

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La migration irrégulière continue de semer le deuil au sein de nombreuses familles africaines. En Guinée, ce phénomène demeure une préoccupation majeure, tant par l’ampleur des pertes humaines que par la détresse persistante des proches des migrants disparus.

C’est dans ce contexte que l’Organisation guinéenne pour la lutte contre la migration irrégulière (OGLMI) a organisé, ce vendredi 6 février 2026 à Conakry, une journée de commémoration dédiée à la mémoire et à la dignité des migrants guinéens disparus en Méditerranée. Cette initiative visait à rendre hommage aux victimes tout en apportant un soutien moral aux familles engagées dans une quête souvent douloureuse de vérité.

Prenant la parole à cette occasion, Elhadji Mohamed Diallo, directeur exécutif de l’OGLMI, a rappelé « que le 6 février est institutionnalisé depuis 2020 comme journée de mémoire, à la suite des revendications portées par les familles endeuillées. Il a précisé que cette commémoration est précédée d’un important travail d’écoute et de documentation, matérialisé par une étude lancée en 2024 auprès des familles concernées. »

Le rapport issu de cette étude, rendu public lors de la cérémonie, sera mis à la disposition des institutions nationales ainsi que du grand public. Selon son auteur, le document met en exergue la souffrance psychologique des familles, les difficultés liées au processus de deuil, ainsi que les obstacles rencontrés dans la recherche d’informations fiables sur le sort des migrants disparus.

Dans la continuité de cette journée, une rencontre spécifique avec les familles est prévue dans la soirée à Bonfi, l’un des quartiers de Conakry les plus durement touchés par les drames migratoires ces dernières années, notamment à la suite de plusieurs naufrages ayant coûté la vie à de nombreux jeunes.

Au nom des familles endeuillées, Abdoulaye Sadjo Diallo, parent d’un migrant disparu, a plaidé pour la création d’un ministère des Frontières en Guinée, ainsi que dans d’autres pays africains. Selon lui, « un tel département permettrait de renforcer la sécurisation et le contrôle des frontières, afin de freiner l’exode des jeunes vers des routes migratoires particulièrement dangereuses, notamment à travers le Niger, la Libye, la Tunisie ou encore le Maroc.

Par ailleurs, l’un des contributeurs au rapport a rappelé que plus de 70 000 décès et disparitions de migrants ont été recensés dans le monde par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dont un nombre significatif de ressortissants guinéens. Il a déploré l’absence de mécanismes institutionnels clairs pour accompagner les familles, souvent livrées à elles-mêmes face à l’incertitude et à la douleur.

La cérémonie s’est déroulée en présence de représentants du ministère des Affaires étrangères et de nombreux parents d’enfants disparus.

Zézé Enèma Guilavogui

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