La reconduction d’Amadou Oury Bah au poste de Premier ministre, intervenue le lundi 26 janvier 2026 par décret du président de la République, Mamadi Doumbouya, continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique. Cette décision, prise quelques jours après l’investiture du Chef de l’État et l’acceptation officielle de la démission du gouvernement sortant, est perçue par de nombreux citoyens comme un signal de continuité, mais aussi comme un appel à une gouvernance plus rigoureuse et plus efficace.
Ce mardi 27 janvier 2026, www.rtgguinee.info, à travers l’un de ses reporters, est allé à la rencontre de citoyens pour recueillir leurs impressions. Globalement, les personnes interrogées saluent la reconduction d’Amadou Oury Bah, estimant que ce choix repose sur son expérience, son leadership et sa capacité de mobilisation.
Pour Touré Gaoussou, ingénieur et responsable à l’Université Cheikh Modibo Diarra, cette reconduction s’explique avant tout par des résultats concrets observés sur le terrain.
« Amadou Oury Bah n’a pas été choisi par hasard. Il a obtenu des résultats visibles, notamment dans la gestion des périodes de tension. Lors des manifestations, il a joué un rôle déterminant en assurant un management efficace de la situation. Cela a clairement démontré son leadership », affirme-t-il.
Selon lui, le chef du gouvernement s’est également distingué lors du processus référendaire autour de la nouvelle Constitution.
« Il a mené un important travail de sensibilisation des citoyens, aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Malgré un contexte délicat, il a su apporter des idées et une réelle valeur sociale à ce processus », ajoute-t-il.

Soucieux du développement de la Guinée, Touré Gaoussou formule néanmoins des recommandations à l’endroit du Premier ministre reconduit.
« Aujourd’hui, le développement passe par le secteur primaire : l’agriculture, la pêche et l’élevage. Mais cela nécessite aussi un changement de mentalité et un engagement réel des citoyens. Le Premier ministre doit s’impliquer davantage pour jeter les bases d’un développement durable à travers l’ensemble des secteurs stratégiques », préconise-t-il.
Interrogé à son tour, Thierno Mamoudou Bah, administrateur des entreprises, exprime également sa satisfaction quant au choix du Président Mamadi Doumbouya.
« C’est un sentiment de confiance. Le Chef de l’État a choisi un bon collaborateur, à la fois technicien et stratège, capable de conduire efficacement l’action gouvernementale. Amadou Oury Bah connaît profondément la situation du pays et sait mobiliser autour d’une action gouvernementale cohérente et porteuse d’avenir. À mon avis, le choix est bien orienté », estime-t-il.
Toutefois, il insiste sur la nécessité de donner au Premier ministre les moyens d’agir pleinement.
« Le Président doit lui accorder une réelle marge de manœuvre, notamment dans la composition de son équipe. Un Premier ministre qui choisit ses collaborateurs peut mieux les encadrer, les contrôler et assumer pleinement les résultats. À défaut, des dysfonctionnements sont inévitables », avertit-il.
De son côté, David Kolomou, étudiant à l’Institut des Sciences de l’Éducation de Guinée (ISEG) de Lambagni, salue l’engagement social du Premier ministre tout en appelant à davantage de fermeté dans la gestion des affaires publiques.

« La reconduction de Bah Oury est une satisfaction. Durant la transition, il a démontré qu’il possède les qualités nécessaires pour diriger un gouvernement. Sa reconduction est logique. Il a été présent dans plusieurs situations sociales et a souvent pris de bonnes décisions. Mais désormais, il ne doit pas y avoir de complaisance. Gouverner par favoritisme ou par parenté freine le développement », souligne-t-il.
Il plaide également pour la poursuite des actions de déguerpissement des constructions anarchiques.
« La destruction des habitations illégales le long des routes doit continuer dans le même esprit, sans faiblesse », recommande-t-il.
À travers ces différents témoignages, la reconduction d’Amadou Oury Bah à la Primature apparaît comme un choix rassurant pour une frange importante de l’opinion publique. Toutefois, cette confiance est assortie d’exigences claires : un leadership affirmé, une fermeté accrue dans l’action gouvernementale, une liberté réelle de manœuvre et des résultats tangibles. Autant de défis qui façonneront cette nouvelle phase de la gouvernance en Guinée.
Hawa Thiam

